L'age de la connaissance

Je viens de terminer "L'âge de la connaissance", dernier livre de Idriss Aberkane, essayiste français spécialisé dans les neurosciences.

L'auteur débute son essai sur les bases suivantes :

  • La productivité et l'épanouissement sont incompatibles (Poé : productivité ou épanouissement)
  • La nature et l'économie sont incompatibles (Noé : nature ou économie)

L'ouvrage est donc divisé en deux parties majeures. Chacune d'elles présente une longue fresque illustrant les différents points permettant de désassembler les base Poé et Noé.

Première partie

Plus concentré sur Poé, Aberkane fait référence à Schopenhauer, philosophe allemand du XIXè siècle, en reprenant sa loi, selon laquelle toute révolution passe : ridicule, dangereux, évident.

Prenons un exemple : la révolution française, donner plus de pouvoir au peuple. Ridicule, impossible de penser à ça, avant l'apparition de la philosophie des Lumières. Cela devient dangereux lorsque l'agitation du peuple fait trembler toute l'organisation de la royauté, allant du simple bourgeois au roi. Cela devient évident aujourd'hui, 200 ans après la signature de la DDHC.

L'auteur revient régulièrement sur des succès d'entreprises et d'entrepreneurs ayant eu des idées difficiles pour leur époque (ex : Apple et Microsoft avec leurs premiers ordinateurs personnels). Il parle aussi du système éducatif visant à faire des individus trop cloisonnés dans leurs idées.

Chose intéressante : Aberkane parle du syndrome français du "reste à ta place" qui est présent aussi bien dans le domaine de la recherche que de l'entrepreneuriat. Pour lui, c'est souvent la cause d'une absence de la France sur la scène internationale en matière d'innovation à succès. La France est clairement capable de faire de grandes découvertes (elle fait d'ailleurs partie des pays majeurs en termes d'innovation dans l'intelligence artificielle) et pourtant, il lui est impossible d'avoir des entreprises importantes dans les différents domaines d'innovation.

Seconde chose qui m'a marqué : la relation attention - temps. Pour Idriss Aberkane, c'est la relation qui est à l'origine même de l'apprentissage. Il faut comprendre que lorsque l'on participe à un cours ou à une conférence, les deux choses les plus importantes que l'on donne est notre temps et notre attention. L'auteur en sort la relation suivante : attention x temps ou aT. Pourquoi un produit plutôt qu'une somme ? Si nous consacrons 1 heure de notre temps à une conférence mais nous jouons à un jeu sur notre smartphone en même temps, nous n'allons rien retenir. Dans l'autre sens, si nous avons énormément d'attention mais nous y consacrons uniquement quelques minutes, le résultat sera maigre.

Seconde partie

Le déstruction du mythe Noé part du constat que la Nature nous offre quatre milliards d'années de recherche et développement. Au-delà des connaissances que nous pouvons tirer des différents organismes vivants sur Terre, nous n'en tirons que de la matière. Si nous donnons un livre à un singe, il ne verra qu'un objet, la matière, un ensemble de page avec des lignes de couleur noire sur fond blanc. Il n'en tirera aucune connaissance. La Nature s'organise de la même façon.

Chaque être vivant possède des particularités qui lui ont été offertes par la Nature au travers de son évolution. Il est fascinant de savoir que dans les forêts, les arbres ne sont pas en compétition entre eux mais s'aident mutuellement en se partageant les ressources de la terre. La peau de la seiche peut servir d'inspiration pour nos écrans d'ordinateurs en sachant qu'elle a une densité de pixel cent fois supérieur à ce que nous sommes capables de construire en écran. L'ours polaire est capable de résister à de grands froids grâce à sa fourrure aux poils creux. Le colibri est un modèle à suivre en terme d'économie d'énergie car il peut vivre dans un état très proche de la mort de faim tout en battant des ailes 80 fois par seconde.

Nous pouvons sortir de ces différentes particularités la possibilité de repenser le futur de nos inventions. Plutôt que de chercher dans notre coin, nous pouvons agir par le biais du biomimétisme : s'inspirer du monde vivant pour concevoir les inventions de demain.

J'ai trouvé que l'auteur parle beaucoup en "équivalent dollars" : telle toxine provenant de telle bactérie vaut tant de milliards de dollars au kilo. Il explique cette façon de mettre en relation être vivant et dollars par la nécessité de parler le langage des pilleurs de la nature, à savoir les capitaines d'industries minières ou travaillant dans l'extraction de ressources fossiles. J'ai trouvé le move intéressant.

Ce que j'ai retenu

Ce livre est intéressant pour qui veut comprendre comment peut s'organiser l'avenir au niveau de l'innovation. Voulant me rapprocher de la Nature dans les prochains mois, j'ai pu tirer quelques idées de ce livre qui m'a beaucoup inspiré.


You'll only receive email when 9524 publishes a new post

More from 9524