L’API de contact tracing d’Apple et Google est opérationnelle

Apple et Google ont mis à jour leur OS mobile, désormais compatible avec l’API fournie aux applications de contact tracing, dont l’app SwissCovid. Une solution basée sur le Bluetooth, dont les limites pour le calcul des distances sont soulevées par certains chercheurs.

Apple et Google ont mis à jour leur système d'exploitation mobile pour permettre l’utilisation du Bluetooth à des fins de traçage des contacts dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. Mi-avril, les deux géants de la tech avaient fait savoir qu’ils développaient une API en collaboration avec des gouvernements, chercheurs et autorités de santé publique. Nommée «Exposure Notification», la solution peut dès à présent être intégrée aux différentes applications de contact tracing déployées par de nombreux pays. Dont la Suisse, qui teste actuellement son app SwissCovid, développée par l’agence digitale Ubique à partir de l'architecture DP-3T imaginée du côté de l’EPFL et de l’EPFZ.

Les limites du Bluetooth dans le contact tracing

Si le Bluetooth a été privilégié dans le développement de ces apps de traçage, c’est pour des enjeux de confidentialité: cette technologie peut en effet mesurer une distance sans faire appel à la géolocalisation. Sa précision et le spectre des informations utiles fournies restent toutefois limités, de l’avis de certains chercheurs. A l’instar de Paul-Olivier Dehaye, expert en Big Data et en protection des données, qui a examiné de près dans un billet de blog les capacités du Bluetooth pour déduire la distance. L’expert partage en outre une vidéo instructive du MIT (à visionner ci-dessous), dans laquelle un groupe de chercheurs se penche sur la question, signalant plusieurs causes d’erreur du calcul des distances par Bluetooth. Il s’avère que selon les circonstances et l'emplacement du smartphone, le signal subit d’importantes perturbations. Le corps humain pourrait par exemple absorber environ 15 dB de signal. En outre, le signal pourrait perdre environ 5 dB selon l’orientation du smartphone (et donc de l’émetteur Bluetooth). La puissance du signal fluctuerait aussi passablement selon le modèle de smartphone.

Les chercheurs relèvent toutefois des possibilités d’améliorer le calcul de la distance entre deux smartphones en combinant différentes données aux mesures inférées via le Bluetooth. L’écran actif pourrait par exemple indiquer que le smartphone ne se trouve pas dans une poche. Les données de l’accéléromètre ou de la luminosité ambiante pourraient aussi fournir des informations utiles sur l’environnement d’émission du signal.

Déduire la distance de la force du signal Bluetooth: une plongée profonde

Les applications de recherche des contacts ont l'intention de prédire l'exposition à une infection au COVID-19, où l'exposition est calculée en fonction du temps et de la distance d'une personne infectée. La distance est déduite de la force du signal Bluetooth, qui est une étape qui n'a pas été testée empiriquement correctement. Nous examinons les preuves provenant des équipes de développement de ce qui pourrait ou non fonctionner pour déduire la distance de la force du signal Bluetooth, et nous demandons éventuellement si c'est vraiment le but de tous ceux qui mettent en œuvre des applications de suivi des contacts.

L'objectif des applications de suivi des contacts COVID-19 est de calculer un risque d'infection, en fonction de l'exposition, et d'informer les utilisateurs à risque. L'exposition est calculée en fonction du temps et de la distance à une personne infectée. La recommandation de santé publique pour la distance est que le risque COVID-19 diminue au-delà de 2m.

Sources


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