Berne veut faire de la Suisse une référence mondiale de la finance durable

Le Conseil fédéral a esquissé vendredi des pistes pour que la Suisse devienne un des principaux centres mondiaux de services financiers durables. Les autorités ont insisté sur la nécessité de transparence pour lutter contre l'écoblanchiment.

La Suisse doit devenir un des principaux centres mondiaux de services financiers durables. Le Conseil fédéral et la branche ont présenté vendredi un rapport qui fait le point sur les pistes suivies pour y parvenir.

"Le changement est en marche depuis longtemps et la Suisse dispose d'un savoir-faire unique", a relevé le ministre des finances Ueli Maurer devant la presse. La place financière se distingue par des liens très étroits entre tous les acteurs du marché qui lui donnent un avantage compétitif.

Selon le rapport, treize mesures pourraient faire progresser la Suisse sur le chemin de la durabilité. Parmi elles une plus grande transparence: le secteur financier doit être transparent à l'égard de ses clients et publier systématiquement des informations comparables sur l'impact climatique et environnemental des produits financiers et des entreprises.

Pour le directeur de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), Mark Branson, une plus grande transparence sur les risques est essentielle pour lutter contre l'écoblanchiment. Un produit vendu comme vert doit l'être vraiment.

Evaluer les risques
La branche doit également apprendre à évaluer correctement le prix des risques, qu'ils soient liés à des catastrophes naturelles ou à des dépréciations de valeurs. Les futures mesures sur le climat pourraient aboutir à une dépréciation de produits liés à de fortes émissions de CO2 par exemple.

L'évaluation du prix des risques est très difficile, a reconnu M. Branson, le monde entier cherche une méthode et le processus est en cours. Une régulation supplémentaire à ce sujet n'est toutefois pas à l'ordre du jour.

Selon Ueli Maurer, la branche va déjà dans la bonne direction et si l'on compte trois ans pour un projet de loi, il serait déjà dépassé à la fin du processus. Banquiers, assureurs et gestionnaires de fortune ont salué cette approche et le rapport devant la presse.

L'évaluation des risques n'est rien de nouveau pour les assureurs, a noté le directeur de l'Association Suisse d'Assurances Thomas Helbling. Les assureurs viennent de publier un rapport sur la durabilité et le feront tous les ans, a-t-il précisé.

La question n'est pas de savoir si les banques vont s'engager dans la voie du développement durable, mais comment et d'ici quand la Suisse deviendra une référence en la matière, a estimé le CEO de l'Association suisse des banquiers Jörg Gasser. Selon lui, l'impact des activités financières sur le réchauffement de la planète est le reflet de l'économie réelle, pas de branches en particulier.

Dans l'idéal, il faudrait que chaque placement tienne compte de la durabilité pour que l'objectif d'un réchauffement limité à 1,5 ou 2 degrés puisse être atteint, a complété Daniela Stoffel, secrétaire d'Etat aux questions financières internationales. Dans tous les cas, la Suisse doit éviter de faire cavalier seul, ont souligné les différents acteurs.

Approche internationale
Les autorités et le secteur suivent de près les développements internationaux, notamment dans l'UE, afin de pouvoir réagir assez tôt pour maintenir la compétitivité helvétique. La durabilité des services financiers suisses doit être visible à l'échelle internationale. Le pays s'engage systématiquement dans le cadre d'initiatives internationales et au sein d'organismes comme le Conseil de stabilité financière et le G20.

Le secteur financier devra faire des efforts en matière d'assurance-qualité. Il doit se distinguer par un personnel bien formé pouvant proposer des produits axés sur la réalisation effective des objectifs de développement durable. Dans les limites de ses compétences, la Confédération peut offrir son soutien, mais l'élaboration de labels de durabilité crédibles relève de la branche.

Pour Greenpeace et l'Alliance pour le climat, l'approche retenue est toutefois mauvaise. Alors que l'UE travaille à une réglementation contraignante pour le secteur, le Conseil fédéral mise sur sa bonne volonté alors que le secteur financier pourrait apporter une contribution essentielle à la satisfaction des objectifs climatiques mondiaux.(AWP)

Sources


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