2026-05 : Le 30 janvier

Une semaine où j'ai assez peu écrit, du moins peu de choses que j'autorise à rendre public. Sur Facebook, une personne a commenté un propos nationaliste dans la foulée du discours de Marc Carney à la Citadelle de Québec, rappelant que les colonisateurs, qu'ils soient français ou anglais, ont tous opprimé les autochtones, une assertion avec laquelle on ne peut pas être en désaccord, même s'il s'agit d'un raccourci, même si cela ramène la marche du monde à une question morale. Ce réductionnisme est de plus en plus courant de nos jours - chez les jeunes générations ? À ce compte-là, aucune population des Amériques n'a le droit de se plaindre parce que, qui les Espagnols, qui les Portugais, qui les Anglais, qui les Français, ils ont tous conquis des terres qui ne leur appartenaient pas. Ceux qui colonisaient ces terres le faisaient au nom de leurs dieux, tout en se sucrant au passage. L'Histoire est celle des conquérants. Elle faite de conquêtes militaires, parfois de révoltes et de révolutions. Combien de nations les Romains ont-ils éradiquées ? Pourtant, on célèbre la grandeur de Rome depuis toujours. À l'école, on apprenait l'histoire de la Rome antique, pas celle des Thraces.

Je ne suis pas à l'aise dans les discussions politiques. Dans ce genre de débats, je trouve que tout le monde a un peu raison et un peu tort, car il s'avère difficile de nuancer des propos dans un commentaire. Je me suis permis d'en émettre un...mais je le regrette déjà. Je crains des représailles. Vous rigolez ? En 2018, j'ai rédigé un billet sur les chiens dangereux, notamment les pitbulls.

Voici : Pitbull

Sur le premier site sur lequel ce billet a été diffusé, certains lecteurs ont mis des commentaires haineux. Une personne a même écrit qu'on devrait m'éradiquer à la place des pitbulls. Bref, vous voyez le genre ?

Pour revenir à l'histoire du Québec et des autochtones, je me suis permis de mettre un lien - une réflexion que j'ai faite sur les autochtones pendant la Pandémie. Je l'ai fait justement pour essayer de nuancer mon commentaire, rappelant que la question des autochtones demeure complexe, voire ambigüe.

Voilà : Le moment des autochtones

Bon, j'espère que la jeune fille ne m'abreuvera pas d'insultes…

Pierre R, un des seuls amis masculins qui me restent, m'a envoyé une référence sur le dernier livre de Gilles Archambault : Puis je serai seul (2026). Cet auteur, assez peu lu, a eu le droit à un article assez consistant dans Le Devoir. Il y a eu un article aussi dans La Presse, mais plutôt léger… De toute façon, il n'y a plus grand chose dans La Presse. Le matin, je la lis en dix minutes et, dans les trois quarts du temps, je sais déjà ce que les chroniqueurs vont écrire. Sans compter que le tiers des articles portent sur les États-Unis, comme s'il n'y avait plus de pays en ce monde.

Parfois, un article émerge du lot, mais les chroniques ont envahi ce journal que j'adorais dans ma jeunesse, surtout La Presse du samedi réputée pour son épaisseur… Le samedi matin, dès mon réveil, j'enfilais mes baskets et je courais jusqu'au dépanneur du coin pour me procurer cette masse de papier. Un jour, un Québécois de passage au Cap-Vert, m'a apporté un exemplaire de la Presse du samedi. Comme je l'ai dévoré, lisant la moindre ligne, même les publi-reportages !

Mais revenons à notre ère numérique. Oui, un journal de chroniques coûte moins cher à produire, je m'en doute, et je peux le comprendre, car personne ne croule sous le poids de l'argent sonnant et trébuchant. Mais ce qui me dérange, c'est ce concert unanime des journalistes. Toujours le même discours, toujours cette même bienveillance sans qu'aucune voix discordante ne s'intéresse à la racine du mal. Le cas des itinérants est typique de cet aveuglement dans la bienveillance, voire dans la complaisance envers cette population dite vulnérable, un mot à la mode depuis l'administration Plante. Qu'on consacre plusieurs articles par semaine à décrire les conditions de vie misérable de cette population sans que jamais une solution n'émerge de ce discours larmoyant n'a jamais cessé de m'étonner. Enfin, une solution autre qu'un "investissement massif" dans l'itinérance, comme le préconise un organisme communautaire qui leur vient en aide - et je leur lève mon chapeau. À quand une remise en question de la désinstitutionnalisation des années 1980 ? À quand le retour des asiles, un lieu d'accueil pour ces pauvres gens ? À quand des centres de désintoxication pour les personnes aux prises avec des problèmes de consommation ? Non, on préfère les laisser errer dans les rues en leur offrant des places limitées dans des refuges temporaires… Au moins, cela en fait un sujet de prédilection aux chroniqueurs quand ils ont épuisé le sujet de Donald Trump et les États-Unis.


Daniel Ducharme : Semaine 5 - 2026-01-30
Mots-clés : #géopolitique #histoire #lecture #médias #société


You'll only receive email when they publish something new.

More from Daniel Ducharme
All posts