Projet sur les Pompes à Chaleur

Salut, je m'appelle Vitalys et je crée ce blog pour vous présenter mon projet sur les pompes à chaleurs. Je ne suis absolument pas expert en la matière, je suis étudiant en Classe préparatoire aux Grandes Écoles (CPGE) en France et je dois réaliser un TIPE (TRAVAUX D'INITIATIVE PERSONNELLE ENCADRES). Au départ, j'étais parti sur un programme d'informatique sur les preuves à zéro divulgation, mais finalement ce projet portant sur la thermodynamique m'intéresse bien plus. Je vais essayer de poster chaque semaine un article, en sachant que le temps libre d'un préparationnaire n'est pas énorme. (d'autant plus que j'entre en deuxième année et que je dois préparer les concours.) Si vous souhaitez me contacter pour discuter de l’étude, que vous soyez connaisseur ou non, je serai ravi de vous répondre. Mon mail est : vitalys@rougetet.com Image : Sadi Carnot (1796 - 1832)

Les corps purs

Un corps pur est une substance qui ne contient qu’un seul type d’atome ou de molécule chimique (le contraire d'un mélange).

Les corps purs tels que l'eau (H2O) peuvent se retrouver sous 3 formes :

  • solide
  • liquide
  • gazeux

L'eau à l'avantage d'être présente de manière naturelle sur Terre sous ces 3 formes, car ses propriétés lui permettent de l'être à température ambiante. Ce qui n'est pas le cas d'autres substances, qui nécessitent des conditions extrêmes pour changer d'état, comme :

  • le cuivre : solide
  • l'oxygène : gazeux
  • l'éthanol : liquide

Par exemple, pour que l'oxygène devienne solide, il faut une température inférieure à −218,79 °C !

La thermodynamique va s'intéresser aux conditions requises pour pouvoir passer d'une forme à l'autre ainsi que la manière dont se déroule cette transition, qui requiert un important échange de chaleur.

Un outil important pour déterminer la forme stable d'un corps pur est le diagramme de phases à l'équilibre.

Pour nommer l'état homogène d'un corps pur, on utilise la notion de phase. On aura ainsi la phase liquide, solide et gazeuse.

  • Solide : les particules sont en contact les unes avec les autres autour d'une position définie. Elles effectuent de petites oscillations et le solide conserve une forme bien définie.
  • Liquide : pas de forme fixe, les particules sont en contact, mais peuvent bouger.
  • Gazeux : les particules ne sont pas en contact directes et sont distantes les unes des autres.
  • Lorsque les particules sont en contact permanent (ce qui est le cas de la phase liquide et gazeuse), on parle de phase condensée.
  • Celles dont le composé peut s'écouler et qui n'ont pas de forme propre sont qualifiées de phases fluides (c'est le cas de la phase liquide et gazeuse).

Le diagramme de phases

Il permet de prédire grâce à la température et à la pression l'état d'un corps pur donné à l'équilibre.

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De façon logique, à haute température et à basse pression, l’état stable est la forme gazeuse. À très basse température, c’est le solide qui apparaît comme l’état stable. Le liquide n’est stable que dans une zone intermédiaire située entre les deux autres zones, il existe une pression minimale et une température minimale pour l’existence de l’état liquide.

L'allure d'un diagramme de phase est quasiment la même pour chaque corps pur.

Plusieurs phases peuvent coexister si les conditions de pression et de température se situent sur la courbe de séparation de phases. L'exemple le plus courant est le glaçon dans un verre, s'il fait précisément 0°C entre le liquide et le solide et que l'air est aussi à 0°C, alors leur état restera figé ad vitam æternam étant donné qu'il n'y a plus de transferts thermiques.

Ainsi, on se rend compte que pour stocker un gaz sous forme liquide, on a souvent le choix entre augmenter la pression ou baisser la température.

Le point triple, c'est la coexistence de ces trois phases. (ici, c'est θ)

Le point critique (ici, le point C), lorsque l'on dépasse ce point, la notion de liquide ou de gaz perd son sens, il n’y a plus ni ébullition ni palier de température. Cette zone du diagramme de phases est qualifiée de « zone de continuité de l’état fluide ».

Chaleur latente de changement d'état

Enthalpie de changement d'état

Lorsque l'on fait bouillir de l'eau, sa température ne cesse d'augmenter jusqu'à l'ébullition. Ensuite, la température reste constante alors que le chauffage continue. Pourquoi ?

D'après le diagramme de phase, la température de l'eau ne peut plus augmenter, car après cette température, ce n'est plus son état stable. Ainsi, la quantité de chaleur fournie est utilisée pour la transformation de l'eau en vapeur. Pour que la température continue d'augmenter, il faut que l'intégralité de l'eau soit devenue vapeur.

On défini ainsi :

La chaleur latente de changement d’état est la quantité de chaleur à fournir pour faire passer un corps pur d’un état à un autre de manière réversible, la pression étant maintenue constante.

Pour faire fondre un glaçon, il faut autant de quantité de chaleur que pour élever la température de la même quantité de liquide de 80 °C. Quant à la transformation de cette même quantité de liquide en gaz, elle ne nécessite pas moins de 5,4 fois la quantité de chaleur nécessaire pour faire passer le liquide de 0 °C à 100 °C ! Par exemple, si on a mis 5 minutes pour atteindre l’ébullition, il en faudra plus de 25 pour transformer toute l’eau en gaz. Ainsi, il ne sert à rien de maintenir le chauffage au maximum pour la cuisson des pâtes, la température restant la même, il suffit de garder un minimum d'ébullition pour économiser de l'énergie.

Voici un schéma pour nommer le passage d'un état à un autre, par exemple pour passer d'un état liquide à un état solide, c'est la solidification :

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    Les chaleurs latentes de changement d'état sont toujours des valeurs positives et correspond au passage de plus faible enthalpie à celui de plus forte enthalpie. C'est-à-dire de solide à liquide ou de liquide à gazeux.

    Nous verrons prochainement : le potentiel chimique et les mélanges.


    Le second principe

    Le second principe de la thermodynamique permet de savoir si un système va évoluer spontanément. Il va introduire un nouveau concept : l'entropie, c'est une notion assez abstraite, on la voit souvent comme une mesure du désordre.

    Il est d'abord important de définir l'état d'équilibre : un système est dit à l'équilibre lorsqu'il est stable et invariant, pour une durée indéterminée tant qu'un événement extérieur n'intervient pas.

    • Une transformation sera dite réversible si à tout instant il y a équilibre entre les éléments internes du système et équilibre avec les éléments externes au système considéré. 
    • Pour montrer qu'une transformation est irréversible il suffit de pointer un instant au cours de la transformation, une condition d'équilibre n'est pas vérifiée. Souvent, le plus simple est d'analyser la situation à l'instant initiale : la majorité des cas, l'évolution est induite par une rupture d'équilibre. 
    • Une transformation sera dite quasi statique s'il y a un équilibre à tout instant entre les éléments internes du système.

    Énoncé du second principe

    Lors d'une transformation d'une quantité de chaleur en une énergie qui est macroscopiquement ordonnée, il n'est jamais possible d'avoir une efficacité de 100 %, une partie reste sous forme désordonnée. Ainsi, au fur et à mesure des transformations, il y a une évolution irréversible vers une augmentation du désordre.

    Le second principe introduit alors la notion d'entropie qui permet de quantifier la tendance à aller vers un état désordonné. Ainsi, à tout système est associée une fonction d'état S, appelé entropie. Lorsque le système isolé et le siège d'une transformation irréversible, son entropie augmente. Lorsque le maximum est atteint, le système est en équilibre.

    Pour utiliser la notion d'entropie, il est fondamental que le système soit isolé, sinon s'il n'est pas isolé, son entropie peut très bien augmenter ou diminuer ou rester invariante.

    Pour calculer son entropie, on utilise la relation du second principe : dS = 𝛅Q/T

    En réalité, la mesure de l'entropie est davantage une notion de probabilité.

    Pour les pompes à chaleur, nous allons utiliser plusieurs notions, dont celle de la source de chaleur : c'est un système qui a une température constante, et, quelles que soient les interactions qu'il puisse avoir avec le système en cours d'études, la température ne varie pas, elle ne peut échanger que la chaleur. Pour désigner cette source de chaleur, on utilise souvent le terme de thermostat.

    Ce second principe nous permet également d'obtenir la loi de Laplace : lors d'une transformation adiabatique (lorsque les échanges de chaleur avec l'extérieur sont négligeables) et réversible, une quantité fixe de gaz parfaits, la quantité PV𝜸 est constante.

    Nous verrons dans les prochains chapitres pourquoi toutes ces notions sont importantes et dans quel contexte nous pouvons les utiliser. Nous verrons notamment les propriétés du corps pur.

    La conservation de l'énergie

    La thermodynamique se fonde sur trois principes :

    • la température (ou le principe zéro)
    • le premier principe
    • le deuxième principe

    Si on dit que la température est le principe zéro, c'est parce qu'on a souvent utilisé cette notion sans qu'elle ait été réellement définie.

    Le premier principe, que nous allons voir aujourd'hui, n'est ni plus ni moins que la conservation de l'énergie. Cela peut paraître banal, pourtant elle nous permet de voir des propriétés qui ne sont pas si évidentes que ça.

    Pour appliquer le premier principe de la thermodynamique, on commence par étudier un système et en déterminer les paramètres qui définissent son état. On peut prendre l'exemple du système d'un moteur thermique à pistons dont on étudie le gaz. Ainsi, les paramètres qui peuvent varier sont : la température, la pression et le volume. Les transformations vont ainsi échanger de l'énergie avec l'extérieur. Dans le cas du moteur, il va échanger un travail mécanique grâce aux pistons. Ainsi, le gaz va exercer sur le piston une force motrice sur les roues de la voiture.

    Les différentes formes d'énergies

    L'énergie est présente sous plusieurs formes et il est souvent possible de convertir une énergie en une autre. Le but de la thermodynamique est d'optimiser cette conversion et d'obtenir un maximum de cette énergie sous une forme réutilisable.

    L'énergie mécanique

    Les différentes formes d'énergies mécaniques sont :

    • l'énergie cinétique : dû à un mouvement
    • l'énergie potentielle de pesanteur : dû à sa position dans un champ de pesanteur (ex.: barrage hydroélectrique)
    • l'énergie potentielle élastique (ex.: un ressort compressé ou étendu)

    L'énergie électrique

    Elle peut être perçue comme un cas particulier de l'énergie mécanique, car elle est interprétée comme résultant de l'action de forces électrostatiques. C'est le mouvement / des transferts induit par des différences de potentiel électrique.

    C'est une énergie difficile à stocker, elle passe par des inductances ou des condensateurs, mais cela ne stocke qu'une faible quantité d'énergie. Il faut alors utiliser des batteries, mais il faut alors utiliser la chimie.

    L'énergie potentielle chimique

    L'énergie est stockée par la liaison chimique dans les molécules. C'est la principale source d'énergie. Elle intervient dans les piles, la combustion de charbon, de bois, de fuel ou d'essence. La combustion convertit ainsi l'énergie potentielle chimique en quantité de chaleur.

    L'énergie électromagnétique

    Cette énergie est déplacée par les ondes électromagnétiques. Par exemple, les ampoules à filament convertissent la chaleur produite en faisant passer un courant électrique en lumière (énergie électromagnétique).

    Les conversions d'énergies

    Toutes les conversions entre les différentes formes d’énergie sont possibles, mais le rendement n’est pas toujours de 100 %. Lors d’une transformation où il y a échange de chaleur, il n’est pas possible de convertir l’intégralité d’une quantité de chaleur en une forme d’énergie ordonnée macroscopiquement.

    Forme finale \ Forme initialeÉnergie microscopique désordonnéeMécaniqueÉlectriqueChimiqueÉlectromagnétique

    Énergie microscopique désordonnée

    -Force de frottement Rendement = 100 %Effet Joule Rendement = 100 %Réaction
    chimique rendement 100 %
    Absorption par un corps noir = Rendement proche de 100 %
    MécaniqueMoteurs thermiques (moteurs de très gros bateaux) Rendement max = 55 %-Moteur électrique Rendement proche de 100 %Micromoteurs, biologie (muscles : rendement de l’ordre de 10 %)Pas de conversion directe simple si ce n'est les voiles solaires dans lʼespace (rendement de 10 % environ)
    Électrique
    Effet thermoélectrique Rendement très faible (quelques %)
    Alternateur, dynamo Rendement proche de 100 %
    -
    Piles et batteries Rendement supérieures à 90 % pour certaines batteries
    Cellule photovoltaïque Rendement ≈ 20 % (voire plus de 45 % pour certaines technologies)
    Chimique
    Déplacement des équilibres chimiques
    Déplacement des équilibres chimiques grâce à la pression
    Électrolyse
    -
    Réaction induite par des photons (exemple : photosynthèse)
    Électromagnétique
    Rayonnement d’un corps chaud dans le domaine visible Rendement = 2-3 %
    Pas de conversion directe simple
    Antenne, diodes Rendement 10 à 20 % pour les diodes
    Fluorescence
    -

    Énoncé du premier principe

    À tout système est associé une fonction d’état U, appelée énergie interne, qui caractérise l’énergie emmagasinée et qui ne dépend que de l’état du système. Au cours d’une transformation quelconque, la variation de U est égale à l’énergie reçue par le système, ce qui peut se traduire par :
    ΔU = Q + W, où Q est la quantité de chaleur reçue par le système, W la somme des travaux reçus et ΔU = Ufinal − Uinitial.

    U est une fonction d'état, c'est-à-dire que seul l'état final compte, on ne s'intéresse pas aux transformations intermédiaires qui ont servi à arriver à cet état.

    Par exemple, pour les machines thermiques que nous étudierons plus tard dans le cadre des pompes à chaleurs, les systèmes subissent des cycles et repassent par les mêmes états. Lorsque le système revient à l'état initial, son énergie interne doit être identique. Donc après un cycle complet, l'énergie interne doit être nulle.

    Les capacités thermiques

    • Cp : est le coefficient qui relie la quantité de chaleur échangée à l’augmentation de température, la pression étant invariante.
    • Cv : est le coefficient qui relie la quantité de chaleur échangée à l’augmentation de température, le volume étant invariant.

    L'enthalpie

    À partir de l'énergie interne, nous pouvons former d'autres fonctions d'état.

    La fonction enthalpie, notée en général H, vaut H = U + PV.
    La pression P, le volume V et l’énergie interne U étant des fonctions d’état, H est aussi une fonction d’état.

    Cette fonction est très utile pour les transformations isobares (à pression constante), car sa variation s’identifie à la quantité de chaleur échangée.

    Il ne reste alors que : ΔH = Q

    CONCLUSION

    Toutes ces notions (j'en ai passé certaines afin de ne pas alourdir le texte, si vous souhaitez plus de précision envoyez-moi un mail ou alors Wikipédia est votre meilleur ami !) sont essentielles pour l'étude des systèmes thermodynamiques.

    Demain, nous aborderons le second principe de la thermodynamique.

    Pression et température

    La pression et la température sont à la base de la thermodynamique. La pression permet de calculer les forces qui s'exercent sur l'objet et permet ainsi de rendre compte du travail et de l'énergie échangés. Tandis que la température rend compte de l'énergie emmagasinée. 

    Au fil du temps, plusieurs outils ont été élaborés afin de mesurer de manière relative la pression et la température. Que ce soit le manomètre ou baromètre pour la pression jusqu'au thermomètre pour la température. Pour la température, on a fixé le zéro absolu comme étant le passage de l'état solide vers l'état liquide de l'eau tandis que pour le degré Fahrenheit, sa référence était basée sur la température d'un cheval (100°F), ce qui est somme toute très relatif.

    Ce qui permet à la température de prendre toute son importance et sûrement la loi des gaz parfaits. Cette loi nous dit qu’à une température donnée, le produit de la pression et du volume reste constant (PV = f(T)). Le problème, c'est que maintenant il n'y a plus réellement de 0 absolu pour le degré Celsius dans le sens où la température de fusion de la glace peut changer selon la pression. Aujourd'hui, les référentiels de ces températures ont heureusement changé. Et la science utilise le kelvin pour la température avec un réel zéro absolu dans le sens où c'est la température la plus basse qui puisse exister.

    Les gaz peuvent être vus à deux niveaux différents :

    • D'un point de vue microscopique, ce sont des particules qui s'agitent dans tous les sens et séparées par de l'espace vide
    • D'un point de vue macroscopique, ce n'est qu'un fluide continu qui exerce une pression sur des parois

    La physique statistique va étudier de point de vue microscopique les particules et calculer leurs forces sur les parois pour déduire un nouveau paramètre qui sera étudié du point de vue macroscopique qui est la pression.

    Demain, nous aborderons le premier principe de la thermodynamique, c'est-à-dire la conservation de l'énergie.

    Un bref historique

    Vers le milieu du XXe siècle, le chauffage des habitations était essentiellement fondé sur la combustion d'énergie fossile à bas coût.

    Comment le chauffage par pompes à chaleur a-t-il pu alors se développer ?

    L'histoire des pompes à chaleur débute au XXe siècle avec la création de machines frigorifiques à compression de fluide.

    En France, c'est en 1950 (seulement) que les ménages installent massivement les réfrigérateurs. Incroyable lorsque l'on y pense, c'est extrêmement récent, on se demande comment les gens faisaient pour vivre avant. C'est le symbole du confort de l'hygiène alimentaire.

    Le réfrigérateur c'est le même principe que la pompe à chaleur, mais en sens inverse. Il va puiser les calories présent à l'intérieur pour abaisser la température et le rejeter à l'extérieur (dans la cuisine). 

    C'est également à cette période que se développent, notamment aux États-Unis, les principaux appareils de climatisation pour l'automobile, le bâtiment...

    Le développement des pompes à chaleur dans le secteur domestique reste cependant lent et ne convainc pas les ménages. Les chocs pétroliers vont impulser son installation (1973 et 1979). Plusieurs programmes sont lancés par des groupes comme EDF (1980 : programme PERCHE, lors du deuxième choc pétrolier).

    Ce qui ralentit son développement, c'est :

    • la mauvaise isolation des habitations (ce qui a aussi causé l'échec du développement des planchers chauffants, car une mauvaise isolation nécessite plus de puissance)
    • le manque de fiabilité du matériel utilisé (mauvaise adaptation pour des utilisations domestiques)
    • le prix et sa complexité d'installation
    • le manque de formation des installateurs
    • le faible coût des énergies fossiles (les particuliers ne sont pas incités à investir dans ces systèmes)
    • aucune prise de conscience écologique

    Au début des années 1980, les habitations commencent à être correctement isolées, ce qui permet de nécessiter moins de puissance pour pouvoir chauffer la maison, ce qui permet l'aménagement de planchers chauffant à basse température. Cet abaissement de température permet également un meilleur rendement des systèmes de pompes à chaleur.

    Ce qui va impulser son développement en France dans les années 2000 est :

    • l'apparition d'appareil performant et de nouvelles technologies (capteurs sol / compresseurs Scroll...)
    • la contribution des pompes à chaleur dans les énergies renouvelables
    • la création de labels de qualité (QUALIPAC) et d'associations (AFPAC)
    • l'économie sur le long terme
    • l'obtention de crédit d'impôt
    • l'objectif du Grenelle de l'environnement
    Si l'installation est faite correctement, elle ne nécessite aucun entretien et ne représente aucun danger. 

    La recherche de nouveaux fluides frigorigènes est permanente, afin qu'ils soient moins dangereux pour l'environnement en cas de fuites, également moins dangereux pour les habitants (risque d'explosions), ainsi qu'une meilleure puissance thermique. Nous le verrons dans un article dédié aux fluides frigorigènes. 

    Je vais principalement parler des pompes à chaleurs "traditionnelles", mais il en existe plusieurs variantes. Comme les pompes à chaleur magnétiques qui permettraient d'obtenir un coefficient de performance spectaculaire, mais qui, pour l'instant, n'est pas réalisable à une échelle raisonnable.

    L'intérêt des pompes à chaleur dans nos sociétés

    Un enjeu énergétique

    Face à la montée des pénuries et l'augmentation du prix des énergies fossiles, une meilleure gestion des énergies devient capitale. Nous faisons face à une crise climatique liée à l'activité humaine. Le taux de CO2 dans l'atmosphère ne cesse d'augmenter, les océans stockent énormément de chaleur et ne la libèrent que très progressivement.

    La hausse des températures provoque :

    • l'augmentation du niveau de la mer
    • la fonte des glaciers et de la banquise
    • l'augmentation d'évènements extrêmes comme les incendies

    Le changement climatique a déjà commencé, et il compromet l'avenir de la vie évolué sur Terre.

    Quelles solutions ?

    Pour tenter de régler ces différents problèmes, nous pouvons dès maintenant agir sur deux facteurs :

    • diminuer notre consommation énergétique
    • mieux utiliser les énergies renouvelables disponibles

    Les systèmes de pompes à chaleurs répondent à ces deux critères. En effet, elles permettent de puiser économiquement les calories disponibles en abondance dans la nature, de manière efficace. Elles permettent de chauffer, refroidir et produire de l'eau chaude sanitaire pour l'habitation.

    Pour produire de la chaleur, au lieu de brûler des matières premières comme le pétrole, le gaz, le charbon... ce qui épuise les ressources et nécessite une température élevée, la pompe à chaleur va utiliser les principes de la thermodynamique pour élever le niveau de température des énergies disponible dans la nature afin de les rendre exploitables.  

    De nos jours, elles constituent le moyen le plus économique et écologique pour assurer le chauffage/refroidissement et la production d'eau chaude des habitations. Elles permettent de répondre aux nouvelles règlementations thermiques (RT2012 ou RE2020 pour la France). 

    De plus, l'État met à disposition plusieurs aides pour financer l'installation de ces machines, ce qui permet de faire de réelles économies et de rentabiliser l'investissement en seulement quelques années. 

    Est-ce que toutes les installations se valent ?

    Plusieurs types d'installations existent, certains demeurent plus pertinents que d'autres, nous les verrons dans les prochains articles. De même qu'il existe différents fluides frigorigènes, qui sont  pour la plupart extrêmement nocifs pour la planète si des fuites ont lieu. 

    Certains systèmes apparaissent également plus pratiques que d'autres, ils permettent la réversibilité (avoir du chaud en hiver et du froid en été). Certains sont plus nuisibles (bruit) que d'autres (par exemple le puisage des calories dans l'air au lieu de l'eau par un forage). De plus, les conditions climatiques exercent une influence importante sur le rendement (le coefficient de performance) de la pompe à chaleur. 

    Certaines installations sont particulièrement intéressantes, comme les pompes à chaleurs géothermiques ou les chauffe-eau thermodynamiques. 

    Toutes ces conditions nous montrent qu'il est difficile de prendre qu'un seul exemple de système, et que pour pouvoir avoir une vision plus globale sur ces installations, il est nécessaire de prendre plusieurs exemples "type".

    En conclusion

    Il est évident que les pompes à chaleurs ne permettront pas à elles seules de répondre à la crise climatique, cependant, elles sont d'une véritable aide. D'autres solutions doivent se combiner avec elles, comme le fait de diminuer drastiquement les émissions mondiales, ce qui passe par un changement de nos modes de vie (pas seulement une isolation de nos habitations...), d'autres découvertes vont probablement aussi nous aider comme l'absorption de CO2 ("émissions négatives").


    Demain, nous verrons comment les premières pompes à chaleurs sont apparues et pourquoi elles ont eu tant de mal à s'imposer.

    Pourquoi ce sujet et pas un autre ?

    Les principales raisons qui m'ont poussé à choisir ce sujet sont :
    • Il fallait bien trouver un sujet ! (et là, j'étais à la limite en termes de timing, j'écris ce texte le 1er août en sachant que j'aurais dû l'avoir au mois d'avril)
    • C'est l'un des chapitres où j'étais le moins mauvais en physique (et la physique est surement l'une des matières où j'ai le moins pêché cette année)
    • C'est un sujet plus facilement abordable (par rapport à mon premier choix en informatique sur les preuves zero-knowledge où j'aurais dû me taper 20000 lignes de codes et avec seulement des thèses en anglais)

    Et il y a surement un tas d'autres raisons que mon cerveau refuse de mettre sur papier pour avoir choisi cette voie et pas une autre...

    Durant les prochains jours, je vais publier plusieurs articles. Je vais essayer de mélanger de la thermodynamique "pure" avec des cas très concrets de pompes à chaleur. Ça ne va pas être facile et j'espère que je serai le plus clair possible.

    Je commencerais par vous expliquer l'intérêt de ces machines dans nos sociétés, je ferai pour cela un bref historique. Puis avant de vous montrer le fonctionnement général d'une PAC (pompe à chaleur), je vous expliquerais les bases de la thermodynamique pour pouvoir comprendre pourquoi c'est fantastique !

    Finalement, même si ce sujet n'était pas mon préféré au départ, je dois bien avouer que la thermodynamique est essentielle. Sans elle, nous n'aurions pas eu la révolution industrielle, nous n'aurions pas tous les principes scientifiques qui sont les bases de nos sociétés actuelles. En prenant un point de vue essentiellement macroscopique, nous pouvons expliquer beaucoup de phénomènes naturels, et concevoir beaucoup d'objets qui impactent notre quotidien comme les voitures, les réfrigérateurs, les pompes à chaleurs, les centrales thermiques pour produire l'électricité et j'en passe.

    Dans le prochain article, je vous expliquerai pourquoi la thermodynamique n'est pas seulement la science du passé ou du présent, mais surtout pourquoi c'est la science de l'avenir !