26-02 Intantanéité, interaction humaine et vieillesse
January 9, 2026•907 words
Je ne voudrais pas débuter l'année - chaque nouvelle année est une promesse, n'est-ce pas ? - sur une note pessimiste, mais parfois il faut poser les bonnes questions. C'est ce que je m'efforce de faire dans le billet que je viens de publier sur Les mots de la fin :
Ce billet porte entre autres sur l'environnement, sur ce qui devrait constituer une priorité absolue pour chacun d'entre nous, et surtout pour ceux et celles qui sont aux commandes de nos pays respectifs. Malheureusement, il ne s'agit visiblement pas d'une préoccupation majeure. Et les jeunes générations en paieront le prix.
Instantanéité et lecture
Le combat contre l'instantanéité sera mon combat en 2026. Ne plus jamais répondre dans l'instant, à moins qu'il s'agisse d'un renseignement ponctuel à communiquer ou d'une confirmation de rendez-vous. Tout message au contenu substantiel devra attendre. Tout devra attendre, d'ailleurs. Plus rien ne presse. Tel sera ma devise. Que mes amis et connaissances en prennent acte.
Lu un texte de Thierry Crouzet dont je tire cette citation :
Le courage de lire revient à freiner au milieu de la descente pour observer le paysage pendant que le peloton s’éloigne. Oser le silence face au vacarme, la lenteur face à l’immédiateté. Refuser d’être un simple terminal de consommation pour redevenir le souverain de son propre imaginaire. Lire, c’est un acte de dissidence invisible, sans dossard ni ligne d’arrivée. C’est la garantie de rester humains.
Pour en savoir plus, lire l'article au complet :
Cet article est intéressant par son allégorie avec le push et le pull. En effet, l'auteur établit une distinction fort pertinente entre, d'une part, ce que les réseaux sociaux et les médias nous imposent (push), et, d'autre part, ce que nous allons chercher nous-mêmes en fonction de nos intérêts et de nos besoins d'information, notamment à la suite d'une discussion entre amis, voire par la consultation d'autres sources, comme des ouvrages, et même certains sites Web (pull).
Je fréquente assez peu les réseaux sociaux. Je m'en explique d'ailleurs dans ce billet paru en décembre 2025 :
De sorte que je ne me sens pas trop concerné par le push que je ne pratique pas moi-même, à l'exception de liens que je poste sur Mastodon et, accessoirement, sur Facebook. De toute façon, je n'ai pas l'impression que je push grand chose… si j'en crois les statistiques de vente de mes bouquins !
Marche et rencontre près de la boulangerie
Plus tôt cette semaine, petite marche dans le froid du matin. J'aurais voulu souhaiter la bonne année à Pierre T, mais il n'était pas à la maison. J'ai poussé la promenade jusqu'à la boulangerie. Fermée. Dehors, un vieux monsieur à l'accent français m'a demandé s'il n'y aurait pas une autre boulangerie dans le quartier. Non. Je lui ai dit de se contenter du rayon boulangerie du supermarché. Pas d'autre alternative. De toute façon, dans cette boulangerie, la baguette n'est pas bonne, à la condition que le monsieur cherchait bien une baguette, ce dont je ne sais pas. Peut-être était-il tout simplement en quête de croissants pour faire plaisir à sa compagne - ou à son compagnon, qui sait ? On ne sait plus rien. Ce qui compte, c'est que cette interaction entre deux hommes sensiblement du même âge s'est avérée agréable, sans plus.
Idées sur les vieux
Depuis l'année dernière, j'ai adhéré au Club des aînés de Roussin. Il s'agit d'une organisation de loisirs dont les activités ont lieu au Centre communautaire Roussin, mon ancienne école du temps du secondaire. Au début, j'étais réticent à devenir membre de ce club. D'abord j'avais du mal à m'identifier à un aîné. Ensuite, je craignais un peu de me mêler à d'autres aînés, souvent des gens plus âgés que moi. Mais l'envie de jouer à la pétanque intérieure l'a emporté sur ces considérations - assez juvéniles, je dois l'avouer. Après une période d'adaptation de quelques mois, je confesse que je me plais bien parmi ces vieux, dont je suis souvent le plus jeune, par ailleurs. Comment dire ? J'ai l'impression aussi de me dévouer, d'être utile à des personnes plus âgées que moi, à des personnes que je risque moi-même de ressembler dans quelques années. Par exemple, depuis quelques semaines, je viens en aide à une vieille dame en marchette. Cette dame éprouve de la difficulté à se pencher pour ramasser ses boules. Alors, je le fais à sa place… de sorte que je rentre à la maison deux fois plus fatigués puisque je me suis penché deux fois plutôt qu'une tout au long des deux parties que nous jouons. Pour marquer sa reconnaissance, la dame me glisse un petit merci à l'oreille, sans plus de démonstration, car elle craint peut-être que les autres joueurs commencent à se demander pourquoi elle vient toujours jouer à la pétanque si elle n'est plus en condition physique pour le faire. Mais cette marque discrète de reconnaissance me va droit au cœur. Et il me semble que je rentre à la maison plus heureux… Aider son prochain tout en demeurant humble, n'est-ce pas une valeur fondamentale du christianisme ? Même si je ne suis pas croyant, je n'arrive toujours pas à me départir de ma culture judéo-chrétienne que d'aucuns s'évertuent à dénoncer comme une tare.
Daniel Ducharme : Semaine 2 - 2026-01-09
Mots-clés : #environnement #lecture #tranchedevie #vieillesse