N'oubliez pas que vous lisez l'opinion d'un musulman anonyme sur le net. Pas d'un savant sage éclairé. Les propos tenus sont donc à prendre comme tels. Un simple point de vue.
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Extrait du livre "Cendres" de Vincent Vauclin (2013)

Ci dessous, les extraits d'un livre de Vincent Vauclin, intitulé Cendres.
Ce personnage est à l'origine du mouvement "la dissidence Française", (devenu depuis un parti politique "antisystème").
Note : J'ignore si c'est l'effet Twitter ou si c'est un changement de cap, mais cet homme qui était si préocupé par l'athéisme et le consumérisme en 2013 a rejoint aujourd'hui les nationalistes dans leur combat pour la remigration, devenu le seul sujet digne d'intérêt à en croire la totalité de ses prise de paroles sur le réseau à l'oiseau bleu depuis quelques temps.

Extrait 1 : La modernité. Page 13

"Le fléau de la modernité n’a jamais autant prospéré qu'en cet âge sombre, celui du capitalisme mondialisé et consumériste, teinté
d’un individualisme de masse, décomplexé et totalitaire. Et pour cause : la modernité n’est pas une conséquence du capitalisme, elle est
son préalable fondateur, sa composante intrinsèque. Rien de ce monde décadent n’aurait pu advenir sans l'émergence de cette domination moderne et antitraditionnelle, qui fit, en quelques sortes,sauter tous les verrous moraux qui bridaient le développement exponentiel du capitalisme productiviste, et de son corollaire naturel, la société de consommation.

La transgression des valeurs traditionnelles – soit les valeurs chrétiennes, la France étant avant tout la fille aînée de l’Église – semble donc s’inscrire dans le cadre d’une doctrine bicéphale, qui combine perversion et profit, aliénation consumériste et exploitation commerciale.

Avec un seul objectif : ôter à l’homme toute dimension transcendantale, tout sens du sacré, l'affranchir des limites morales, et le mettre ainsi à disposition du monde marchand pour y jouer ce rôle si dégradant et aliénant de consommateur, dont l’identité se résume à un ensemble de pulsions téléguidées par les publicitaires et dont l’assouvissement constitue la seule raison de vivre, justifiant à ses yeux son exploitation quotidienne et laborieuse."

Extait 2 : Laïcité et consumérisme. Page 16

"L’exigence, il y a un peu plus d’un siècle, de la séparation de l’Église et de l’État dissimulait une volonté pure et simple d’extraire au forceps la société Française des «carcans religieux» qui étaient les siens depuis des siècles, et ce afin de fournir à la République laïque le terreau d'un athéisme radical dans lequel celle-ci devait semer le grain frelaté des valeurs « civiques et citoyennes », qui, bien évidemment, ne germa jamais. Mais la nature a horreur du vide. Cet espace spirituel laissé vacant fut rapidement comblé par l'émergence du culte consumériste, synthèse chimérique du matérialisme, de l'athéisme et de la perversion. Fruit d'une mutation sans précédent, ni croyant – la pression normative athéisto-laïcarde ayant fait son œuvre, ni citoyen – la république ayant lamentablement échoué à fournir un quelconque projet de civilisation digne de ce nom, l'individu devint ce à quoi une société entière le destinait : un consommateur.

L’acte d’achat s'érigea en norme hégémonique, en culte monopolistique, pratiquant le dumping par le vice . C’est alors tout un modèle normatif, religieux bien qu'athéiste, qui s’imposa au fil des années, mimant l' american way of life et son système de « valeurs» exacerbées : celles de l’individualisme, de l’égocentrisme, de l’ostentation et de la possession, ainsi que d’une certaine forme de mépris envers les profanes thésauristes, et envers ceux qui restent fidèles aux anciennes idoles morales et traditonnelles."

Commentaire : science vs religion ?

Petit commentaire de certains passages d'un article traitant d'un débat que je pensais depuis quelques années hors sujet pour un musulman, puisque se résumant presque tout le temps en réalité à "christianisme vs athéisme". Mais bon ça ne fait pas de mal d'enfoncer les portes ouvertes.
A noter que je n'ai pas les compétences ou les connaissances académiques nécessaires pour entrer dans les détails mais certains éléments sont suffisement basiques en terme de raisonnement et de connaissances pour être, je pense, abordés par tout le monde.

Il s'agit de cet article : https://www.philolog.fr/la-science-est-elle-incompatible-avec-la-religion/

Tout est dans le titre. Ou pas. A première vue je m'attendais à tomber sur un article faisant une énième propagande pour le dogme athéiste (oui c'est un dogme) mais preuve supplémentaire qu'il faut (presque) toujours lire jusqu'au bout : l'article finit par conclure à une "certaine" compatibilité entre science et religion. L'article cite en majorité, comme on pouvait s'y attendre, des arguments chrétiens, ce qui rajoute à la confusion en enfonçant tout en douceur, un peu plus dans l'esprit que face à la science, toutes les croyances sont au même niveau finalement...

On y retrouve donc encore les mêmes angles de vues et points de départs mauvais dans ce genre de débats. Le soucis principal étant cette tendance à mettre d'un côté la "science" et de l'autre côté les "religions".
Cette vision du monde est elle-même le fruit d'une croyance et n'a absolument rien à voir avec la logique, car comme l'a montré Aïssam Aït Yahya (entre autres) dans "De l'idéologie islamique française", ce qui est présenté comme "la science" n'est en rien une voie indiscutable qui se démarquerait des autres voies :

"Le scientisme : Une religion matérialiste terrestre dans laquelle la science est le but ultime de l'homme et son devenir, en développant une foi mystique dans les capacités illimitées de l'homme par l'exercice de sa raison et dans le fruit de son travail."

On doit donc clairement distinguer la science, un outil pour comprendre le fonctionnement de certaines choses, et le scientisme, cette foi qui donne à la science une place qu'elle n'a pas à avoir.
La science n'est pas une explication mystique qui extrairait tout être humain l'utilisant de ses propres questionnemets, doutes, faiblesses, interrogations, le menant à LA vérité unique et indiscutable sur le POURQUOI du monde, ce que d'ailleurs l'auteur de l'article dont nous traitons admet ouvertement dans ses conclusions en disant :

"Or aussi grande soit la science du savant, elle demeure trop désespérément muette sur ses interrogations métaphysiques et morales"

Ou encore :

"Il s'ensuit que ce que la raison reproche à la croyance religieuse vaut aussi pour les savoirs qu'elle construit".

Le point crucial est de prendre conscience que l'homme n'est pas une machine. L'Homme, y compris l'Homme moderne, n'est pas un ordinateur qui ne fait que des calculs logiques, qui ne fait que des choix "rationnels". L'Homme moderne est tout comme ses prédécesseurs, sujet à des croyances, des doutes, des dogmes, des passions...

Idriss Aberkhane illustre bien ce trait inséparable de l'être humain que l'on retrouve même dans les milieux scientifiques :

"Cela peut paraître surprenant, mais j’ai souvent constaté que des gens qui se piquaient de sérieux et de logique avaient tendance à fonder leur activité sur des croyances et des superstitions qui ne disent pas leur nom."

Là est la clé de compréhension pour sortir de cet éternel débat science vs religion, presque systématiquement mal posé. Le problème n'est même pas de trouver un vainqueur à ce débat mais de supprimer la question puisqu'elle n'a aucun sens compte tenu de ce qu'est la science : un outil. Un outil au service de l'homme. Ceux qui en ont fait une foi guidant leur vie, c'est un choix qu'ils ont fait mais qui ne les concerne qu'eux. Un choix issu de leur personne, des inclinaisons de leur âme, de leurs passions, de leur histoire personnelle ou de celle de leur peuple...

La vrai question à poser lorsqu'on veut traiter de débat religieux/scientifique est donc de descendre de son piédestal ce dogme de la raison pure qui ne convient probablement même pas aux machines elles-mêmes sujettes à des pannes et des "cygnes noir" (voir l'excellent livre de Nassim Nicholas Taleb).
Quoi qu'il en soit, une seule phrase permet d'annuler la manière dont ce débat est posé : La science explique comment, jamais pourquoi.
La recherche de la vérité absolue est bien au delà de ce débat simpliste et réducteur.

Le dogme athéiste/scientiste, est comme toutes les religions polythéistes le fruit d'un contexte, d'une évolution et n'a strictement rien de supérieur à une quelconque autre foi, et certainement pas la foi en un Créateur unique et transcendant.
Aïssam Aït Yahya aborde la génèse de cette foi dans son livre de l'idéologie islamique française de manière assez détaillées, voici quelques extraits intéressants :

"Si en occident le christianisme est devenu invisible, toutes ses valeurs ont été intégrées dans l'humanisme laïc"

Ou encore :

"Qu'on la nomme laicité philosophique, laicité négative ou bien laicisme, quelle que soit sa dénomination et ses différentes obédiences, elle n'en perd absolument pas son caractrère religieux"

Certes on ne parle pas ici directement de science, plutôt de sécularisation, laïcisation, mais cet aspect de la question est indisociable de la perception de la science par le grand public et même par les scientifiques. L'athéisme et le scientisme se cotoient très souvent.

Aïssam Aït Yahya cite également un autre auteur :

Edouard Delruelle : "Il ne suffit pas de proclamer la mort de Dieu et l'avènement de l'Homme à sa place pour s'estimer quitte de la religion".

En tant que musulman je le lis de cette manière : l'Homme continuera de se prosterner devant les idoles qu'il a lui même fabriqué de ses mains tant qu'il ne sera pas soumis au seul qu'il ne pourra jamais créer : Son Créateur. Las science, discipline et construction humaine, n'échappe pas à la règle. (Coucou les scientistes)

Autre citation du livre permettant de reposer le débat d'une manière plus juste :

"Il serait dont plus qu’utile d’étudier ici ce que recouvre le terme religion lui-même, d’en comprendre son sens le plus profond, ses évolutions, son fond et ses formes, pour en tirer un sens fondamental, afin de l’indexer et l’actualiser de manière viable aux réalités dans lesquelles nous plongerons. Nombres d’auteurs ont longuementétudié le terme religion, afin de comprendre l’intérêt de son utilisation dans un monde qui s’est sécularisé."

Il est indispensable de comprendre le contexte dans lequel sont nés l'athéisme et le scientisme pour le comprendre réellement. Or, souvent dans les débats, il n'est jamais analysé comme une construction de l'Homme mais comme un argument logique sorti de nulle part ayant toujours existé. On remet en cause "les religions", en les considérant toutes égales comme une masse informe et uniforme face à la scieeeence. Même le monde scientiste-athée est truffé de dogmes et de superstitions, il n'échappe pas à la règle humaine.

La science est un ensemble de méthodes et de disciplines qui permettent à l'homme de comprendre à son niveau le monde qui l'entour. Parfois une découverte est faite puis remise en questions par le travail d'autres chercheurs, puis un autre va venir apporter une nuance aux découvertes du chercheur précédent, et ainsi de suite. La pensée occidentale a fait de la science une source sur laquelle bâtir des croyances et des dogmes universels et des vérités intemporelles.

Beaucoup disent "Je crois en la science". Oui mais tu crois la science pourquoi faire ? Dans quel cadre ? A quel sujet ? Il y a 2 choses à distinguer. Pour construire tes croyance et comprendre le but du monde qui t'entoure ? Ou le fonctionnement et la description à l'échelle humaine, du monde qui t'entoure ? Je précise a l'échelle humaine parce qu'il ne faut pas oublier que toutes les observations qu'on fera sont prisonnières de nos cinq sens. Jusqu'aujourd'hui on a pas encore les capacités pour comprendre à 100% comment fonctionne notre propre corps et l'univers qui nous entoure.

La science est une construction humaine, et comme toute construction humaine, elle est faillible. Ca ne veut absolument pas dire qu'on ne doit pas l'utiliser. Ca veut simplement dire que ce n'est pas à partir de la science qu'on va donner un sens à notre vie, le sens de la vie il est à chercher dans la transcendance. Dans le Divin. La science sert à comprendre comment, elle est incapable de donner le pourquoi. Elle est trop sujette au changement et trop volatile pour servir de dogme donnant un sens à la vie. L'article dont nous parlons en fait d'ailleurs mention :

"Il est bien vrai que la raison humaine est impuissante à démontrer toutes ses propositions. Elle a besoin d'axiomes ou de postulats pour s'exercer.
Et puisque ses majestueux édifices sont des géants aux pieds d'argile, la vérité dont elle se prévaut n'est qu'hypothétique et provisoire."

Provisoire car les découvertes s'enchaînent et une découverte peut en contredire une autre après des décennies. Il arrive parfois même à des scientifiques de mentir, comme le cas de l'homme de Piltdown, un mythe fabriqué de toutes pièces auquel beaucoup de monde a accordé du crédit pendant 40 ans :
https://emeraudechretienne.blogspot.com/2012/11/la-scandaleuse-affaire-de-lhomme-de.html

Cette affaire rappelle s'il en est encore besoin, que les scientifiques sont des Hommes, rien que des Hommes. Ils ne sont pas des saints, et pas forcément des sages.

Cet article est assez brouillon, fourre-tout et mal structuré, c'est davantage un bloc note de réflexions en vrac qu'une argumentation ordonnée mais les idées abordées sont des points d'entrée pour fouiller le sujet au travers des nombreses sources disponibles.
Pour une compréhension plus profonde du sujet, de la génèse de la religion moderne où l'Homme se prend pour Dieu, je recommande vivement la lecture du livre "De l'idéologie islamique française" d'Aïssam Aït Yahya, publié aux editions Nawa.

Pour aborder une des autres facettes des religions qui ne disent pas leur nom, il y a aussi cet article abordant une autre facette de cette question multi-dimensionnelle qu'il est dommage de réduire à la discipline scientifique : la relation à l'Etat et le sécularisme : https://traversingtradition.com/2018/10/18/le-pretexte-seculaire-letat-en-tant-que-dieu/

Autre document court et intéressant : "Qu'est ce qu'une religion ?" Par Aïssam Aït Yahya, extrait du livre "De l'idéologie islamique française" : https://bcloud.mestacloud.org/index.php/s/PFKWaFPEwyaYEwr

A compléter au fur et à mesure d'éléments à ajouter sur le sujet

Attaqués ?

Réponse à vie de pacha sur "l'attaque des musulmans".

Pour répondre au fait que ce qui est dit à la TV est représentatif je trouve que c'est à la fois vrai et faux. Les sujets tels qu'ils sont abordé sur ce type de chaines (bfm entre autres) sont cloisonnés et choisis par les propriétaires de ces chaînes. Le voile n'aurait absolument pas l'importance qu'il a aujourd'hui si les médias se contentaient d'ignorer ce sujet comme ils ignorent si bien (prenons un exemple) les dégâts causés par l'alcool en nous innondant de statistiques sur les familles détruites, les enfances gâchées les accidents de la route, le suicide quasi quotidien des paysans, etc, etc...
Si ils faisaient ça par exemple, avec la même dose d'émotion qu'ils mettent dans leurs débats télévisés, ils pourraient rendre tabou voir criminel la moindre canette de bière. Juste en choisissant de mettre le focus dessus plutôt que sur autre chose.
Tout ça pour dire qu'il ne faut pas les laisser dicter ce vers quoi nous orientons notre attention. C'est du temps et de l'énergie qui n'est pas utilisé à explorer d'autres champs d'action.

Il ne s'agit pas d'ignorer les attaques physiques, mais je trouve qu'il faut séparer les débats télévisés et les propositions de lois qui découlen de ces polémiques et les attaques physiques, ce sont 2 choses à traiter différement. Effectivement tout ça fait parti du même rouage je suis d'accord. Mais il ne faut pas oublier que ces sujets sont avant tout mis en avant pour masquer des problèmes très graves, et beaucoup de gens ne sont plus dupes de ces médias. Avec eux il est possible de dialoguer directement par le biais d'associations, de colloques, conférences, etc...

Il ne s'agit pas d'ignorer ces médias et de mener son petit train de vie sans s'en soucier, au contraire il s'agit d'une indifférence offensive qui vise en priorité à atténuer l'impact qu'il a sur les esprits des musulmans (et même des autres) et ce sentiment de "siège" qui pousse à la surréaction.

La manière dont sont posés les débats dans ces chaînes est truquée dès le départ pour capturer nos émotions sur des sujets creux sans rentrer dans le fond ou les sujets plus importants. Les musulmans ne devraient ni jubiler lorsqu'un Tariq Ramadan remet à sa place un/une hystérique X ou Y, ni se sentir vexés lorsqu'un Zemmour ou une Zohra Bitan dit du mal de l'islam.

Cette indifférence nous permettra de lutter ensuite sur des sujets plus importants à plus long terme qui se font de plus en plus importants dans ce pays, les gilets jaunes n'étant qu'un symptôme d'un malaise plus profond et d'une crise civiliastionnelle plus large.
Il faut enterrer la TV. Pas le poste de télévision, je parle de ces plateaux où un présentateur met 2 ou 3 personnes l'une face à l'autre et qui se tirent dessus avec des arguments qui sont comparable à des puces qui sautent dans une petite boite. C'est énorme si on se concentre sur la boite e tles sauts sont grands, mais en réalité le monde est bien plus vaste et il y a quantités d'autres manières de défendre l'islam qu'en cassant untel ou untel dans une chaine de télévision détenue par je ne sais quel groupe industriel.

Les musulmans sont pris pour cible et certes ce qui nous attend ici n'est peut être pas rose, mais tant qu'on est là, autant se concentrer sur des questions touchant à des sujets en profondeur (notre mode de vie, en quoi pose-t-il problème, quelles alternatives proposer à la surconsommation de biens, d'énergie, au matérialisme comme seul horizon de vie...). C'est en ignorant les polémiques stériles et en nous concentrant sur ces sujets qu'incha Allah on amènera les autres à en faire autant. En n'étant plus déstabilisé par tel ou tel propos choquant d'un gus ou d'une gus qui a un livre à vendre et une petite carrière misérable à mener.

Ils ne méritent pas notre attention ni nos émotions. Laissons les croupir dans l'indifférence car de toute façon les projets de loi passeront avec ou sans notre hystérie. On devrait prendre note et tirer des leçons de la manière dont ce pouvoir fonctionne. Il ne prend pas en compte les manifestations de milliers de personnes dans la rue, qui ne sont même pas musulmans, méprisant leurs aspiration. Donc en nous excitant nous ne faisons que renforcer les pseudo experts et on se trompe de combat.

Il ne faut plus mettre de jeton dans la machine. Construire ce n'est pas monter des partis, des listes, des députés pour influencer les lois... Le taux d'abstention est à lui seul révélateur d'un grand désintérêt d'une partie énorme de la population pour ces gesticulations. A nous de nous montrer stable et imperturbables face aux gesticulateurs comme à ceux prétendant nous défendre dans un système au champ de pensée limité et en perte de vitesse.

Ce ne sont que des proposition et des idées. Si quelqu'un est d'accord avec cette vision des choses alors qu'il commence à l'appliquer sur lui même et passe le message au voisin.

Le mauvais prisme

Penser que la "lutte contre l'islamophobie" est bonne pour les musulmans tient de la même logique défaillante que celle qui vise à résoudre les problèmes économiques avec plus de croissance.

Vouloir de la croissance pour soigner l'économie, c'est commencer par vouloir que le système économique/financier actuel perdure. C'est penser qu'il est pertinent, juste et durable, et que la croissance infinie n'est absolument pas une aberration dans un monde limité par nature. C'est valider toute une liste de croyances et de dogmes qui fondent l'économie et la finance moderne.

C'est penser que le seul problème est un "manque de croissance" dû à des aléas économiques aléatoires, passagers, qui ne sont en aucun cas des symptômes de dysfonctionnements profonds et intrinsèque à la manière dont la machine tourne.

Pensez ça, c'est à mon humble avis se tromper.

De la même manière, lutter contre l'islamophobie c'est définir le problème de "peur de l'islam" ou "haine de l'islam" comme central, et ces sentiments comme inadmissibles. Et donc, c'est chercher à tout prix à les faire diminuer en partant du principe que tout le monde doit fraterniser avec tout le monde au nom d'une idéologie humaniste totalitaire, en pensant que la seule autre issue est le chaos.

C'est sciemment affirmer que la seule voie que les musulmans doivent emprunter est l'insertion sans conditions dans un système qui garantit théoriquement le "respect des croyances", en assurant la dissolution de toutes les revendications idéologiques dans une sorte de bouillie uniformisée.

C'est donc également, renoncer à aborder la question sous un autre angle, à savoir que le rejet de l'islam et l'hostilité à l'encontre de ses pratiques sont inévitables.

Lutter contre "l'islamophibie", c'est souvent pour certains dénigrer ceux qui ne se placent pas dans cette logique victimaire et cette conception de la lutte, en les accusant de fatalisme et en leur niant toute bonne volonté.

Admettre que l'islam sera toujours rejeté par certains, ce n'est pas automatiquement adhérer à une position fataliste. Ce schéma d'auto-défense bien ancré dans les esprits des défenseurs de la lutte victimaire doivent être détruits.

Il existe bien d'autres possibilités de luttes, un champ bien plus ouvert qu'ils le croient.

Mais surtout, cet objectif est un leurre. Cet objectif de "lutter contre l'islamophobie" n'en est pas un. C'est un piège dès le départ. Souscrire à cette lutte c'est considérer l'islam comme une étiquette ethnico-culturelle et se ranger à défendre un illusoire "droit à la différence" aux côtés des skoliosexuels, LGBTistes, dans un système qui tolère la "différence" tant qu'elle reste folklorique et ne le contredit pas dans ses croyances.

Ceux qui valident ces principes et mécanismes, ce prisme de lecture biaisé ne sont pas les amis de l'islam et des musulmans, loin de là.

Musulmans français, que voulons nous vraiment ?

La situation des musulmans en France est un sujet de discussion qui fait couler de l'encre et des pixels à n'en plus finir.
Pour certains elle est catastrophiques, pour d'autres pas si mal, pour d'autres enviables, pour d'autres améliorables...

Avant d'ajouter un adjectif à cette liste, j'aimerai, lorsqu'on parle de situation, préciser exactement de quel genre de situation il s'agit.

Situation économique ? Les musulmans sont très hétérogènes à ce niveau. Même si on peut sans trop se tromper, dire que la majorité font partie des classes sociales populaires, voir le fond de la classe moyenne, ces situations sont diverses, sans qu'on ait pour autant à ma connaissance beaucoup de millionnaires. Je parle ici bien sûr de la situation isolée de chacun, les musulmans ne formant pas une entité economique cohérente et uni

Situation médiatique ? Là dessus on est tous à peu près unanime pour constater que l'islam et les musulmans en général, ne sont pas bien vus. Sujet préféré des médias lorsqu'il s'agit de trouver un coupable à tout, l'islam est détesté, les musulmans aussi. Quant à savoir si c'est un mal en soi, c'est un autre sujet que j'aborderai plus bas sans rentrer dans des détails qui dépassent ma compétence d'observateur.
L'islam est un des sujets favoris des gros médias sur lesquels nos yeux et nos oreilles sont constamment braqués. Médias qui ont l'art de maintenir le niveau du débat sous le zéro absolu, ils baignent dans une médiocrité intelectuelle que beaucoup malheureusement y compris parmi les musulmans prennent comme référence.

Situation islamique ? Oui, la situation islamique des musulmans. A l'heure où certains déplorent une "réislamisation des musulmans", c'est un sujet sérieux. Car l'islam n'est pas une étiquette socio-culturelle, c'est un ensemble de valeurs et croyances qui ont une implication dans le réel, et malgré les innombrables tendances plus ou moins orthodoxe, il nous faut tous nous questionner sur notre sincérité, nos intentions profondes envers Allah. Et notre situation à ce niveau si on prend la température ambiante, en partant bien sûr de mon expérience totalement subjective et en portant un regard global, n'est pas... fameuse.
Bien sûr il y a a échelle individuelle, ou de petits groupements, de gens exceptionnels que nous pouvons croiser au quotidien, et même si nous ne pouvons lire leurs cœurs, parfois la sincérité dans l'adoration et dans les actes se ressent fortement de certaines personnes.
Mais généralement, en tant que communauté, nos centres d'intérêts ne volent généralement pas très haut et ne vont guère plus loin que notre qualité de vie individuelle dans une société individualiste. metro, boulot, dodo, supermarché, ecole, vacances. C'est notre quotidien, et c'est ce quotidien que nous essayons parfois même inconsciemment de protéger lorsqu'un islamophobe tente de remettre en cause nos droits à jouir de cette routine ( caricaturale mais pas très loin de la réalité).

La question est maintenant de savoir quelle situation nous voulons améliorer, dans quel but, et par quels moyens ? S'unir, bien sûr qu'il le faut, mais au nom de quoi ? Pour qui ?

Qu'on l'admette ouvertement ou non, la société dans laquelle nous vivons est parsemée de dogmes, de croyances, et est très loin de la rationalité objective et scientifique dont elle se targue à longueur de temps. Et pour ceux qui ont peur de lire les écrits sulfureux d'un Aïssam Aït-Yahya ou Sofiane Mezziani à ce sujet, je vous recommande l'ouvrage très politiquement correct de Idriss Aberkhane "Libérez votre cerveau" qui a au moins le mérite de mettre à jour l'existence de dogmes dans notre société aux idéaux prétendument basée sur la raison.

La deuxième question en partant de ce postulat est : quels sont ces dogmes et croyances, sont-elles en accord ou non avec la croyance en Allah et en ses messagers ? Et surtout, que savons-nous réellement de cette croyance ? A ce sujet il faut que chacun d'entre nous s'éduque, car il est impossible d'affirmer que telle doctrine est en accord ou non avec l'islam si on n'étudie pas ces deux doctrines au moins dans les sujets sur lesquels le débat peut porter.

Mais laissons ces sujets pointus à ceux qui les maîtrisent pour nous concentrer à la question qui soulève aussi des éternels débats et qui nous touchent directement, personnellement et quotidiennement : que doit-t-on faire ?

Certains lorsqu'on leur parle d'agir, voient tout de suite comme seule et unique voie le combat juridique et institutionnel, couplé à la plainte médiatique permanente. Est-ce une façon d'agir ? Oui. Est-ce la meilleure ou est-elle simplement bonne ? C'est très discutable, voir le post précédent de ce blog. Quel mode de vie défendons-nous ? Quelle vision de la vie en société ? Quelles réponses aux problématiques profondes noyées sous les débats stériles et rentables pour ceux qui les organisent, contre le hijab ?

Les champs d'actions sont divers, agir ce n'est pas une ligne tracée et indiscutable. On ( On = les adeptes du combat par la plainte auprès des autorités) reproche souvent à ceux qui critiquent une action à priori "bénéfique" de "n'avoir rien fait" pour avoir la légitimité de parler et de critiquer. Ils font taire la moindre critique constructive sous prétexte d'avoir à faire à des trolls haineux et immatures. Ce qui est parfois le cas c'est vrai. Mais généralement ces gens qui répondent à la moindre critique par du mépris ne se soucient que très rarement de savoir ce qu'a réellement fait celui qui leur apporte la critique.

Petit message d'un frère que j'apprécie à ce sujet : "Certains nous parle encore de citoyenneté, de valeurs républicaines, de liberté, de laïcisme dévoyé pour s'accrocher en vain à une corde usée censé protéger leurs droits. Or cela fait 30 ans que nos droits sont grignotés les unes après les autres au nom de ces mêmes principes. Ces gens-là vont-ils le comprendre un jour ?"

Imaginons un instant, aller un petit effort, imaginons que cette personne soit secrètement très généreuse et qu'elle aide constamment ses frères et sœurs dans le bien, qu'elle les soutienne moralement et matériellement, imaginons une personne très pieuse et sincère, qui critiquerait le fonctionnement des initiatives en place avec une langue pleine de douceur, de bienveillance et de bonne volonté... Ce qui est le cas pour l'auteur du petit extrait ci-dessus.

Est-ce que cette personne aurait enfin votre oreille ? Supposons que oui, alors là réellement le débat sur le "quoi faire" peut commencer. Il est triste de devoir en arriver là pour pouvoir engager une simple discussion d'idées. Certes beaucoup d'insultes et de critiques stériles volent et il est difficile de parler avec un ton apaisé dans notre contexte, y compris entre musulmans. Mais pour tout mouvement sérieux, il est indispensable de se remettre en question en permanence, d'examiner les critique même si elles proviennent de la pire des langues, sans quoi elle est vouée à s'enfermer la tête dans le guidon et des œillères, et une constante auto-congratulation comme moteur...

Après avoir posé ces bases, j'aimerai en tant qu'internaute musulman, français moyen totalement anonyme n'ayant aucune légitimité pour parler, proposer des pistes d'actions.

Pour répondre à la question du "que faire", il faut d'abord s'en poser une autre : Que veut-t-on ? Que veux-t-on réellement en tant que musulman ?
Si on se fixe comme objectif ultime de jouir des mêmes droits et avantages matériels que le "Français moyen" (moche expression mais faute de mieux on va faire avec), du même traitement médiatique en tant "qu'individu", est-ce qu'il n'y a pas un problème ? Est-ce que c'est vraiment un objectif sérieux ?

Peser économiquement, médiatiquement, n'est pas un objectif en soi... Si le but est de s'insérer et avoir une place dans le jeu médiatique hypocrite, le capitalisme avide, l'image de marque vide et la poignée de mains des puissants, alors on a manifestement raté quelque chose dans notre cheminement de musulman.

Nous devons sortir du jeu, tout simplement. Ca ne signifie pas de ne plus exister, de se désintéresser de la chose publique ou être systématiquement hostile à tout pouvoir, absolument pas. Mais la chose publique est infiniment plus vaste qu'un chiffre d'affaire ou une image médiatique. Nous devons réapprendre à exister dans un autre regard que celui des chaînes d'information en continue ou du citoyen lambda qui nous regarde de travers dans la salle d'attente. Notre volonté de toujours vouloir briller là où l'idéal dominant nous demande de briller (pour plus de détail voir livre "De l'idéologie islamique française - Nawa editions) nous condamne à errer sans issue dans des ténèbres morbides totalement vides de sens.

Ce n'est pas une victoire d'avoir fait condamner un petit haineux pour propos islamophobe. Ce n'est pas une victoire d'avoir une musulmane en turban qui chante dans une émission de télé. Ce ne sont que des preuves d'une volonté d'insertion dans un système en décrépitude et profondément injuste dans ses fondements.
Nous devons nous fixer d'autres objectifs, plus nobles et beaucoup moins brillants aux yeux des Humains de notre temps, mais probablement plus bénéfiques et plus durables au regard de Celui qui nous a mis sur cette terre pour l'adorer et qui incha Allah sont plus pertinents et bénéfiques sur le long terme.

C'est là que je voudrai introduire cette mentalité de résilience. Résilience et non pas résignation. Cette mentalité, qui mon humble avis est plus proche de ce qu'Allah demande et de ce que le prophète alayhi salat wa salam nous a recommandé, nous permettrait de sortir de ce jeu malsain voué a l'échec ici bas et dans l'au-delà.

Quelqu'un exprime sa haine des musulmans pour des raisons personnelles, émotionnelles ? Qu'on l'ignore simplement ou qu'on lui fasse un simple rappel de ce qu'est l'islam, sans en faire des tas et des tas d'Histoires et en reprochant à son arrière grand-père d'avoir colonisé l'afrique.

Séparons l'islam des luttes ethnico-culturelles qui ne sont bien souvent que des luttes d'ego. A ce sujet, voici un rappel pertinent d'un prédicateur musulman amrécirain (Daniel Haqiqatou) :

"Les néologismes comme “musulman athée” n’ont de sens que si “musulman”, comme “juif”, est considéré comme une étiquette ethnique ou culturelle, une parmi tant d’autres. Bien sûr, le mot arabe “musulman” lui-même signifie “celui qui se soumet[à Dieu]” et théologiquement être musulman, en vérité, a certaines exigences en termes de croyance et de pratique"

Quelqu'un critique un concep islamique, le Coran ou un élément de la religion ? Si il est sincère dans le débat d'idées, qu'on envoie les personnes compétentes débattre avec lui sur ces idées.
Et s'il n'est pas sincère et ne cherche qu'à exprimer son rejet de l'islam par des bassesses et des arguments ridicules, qu'on se désintéresse de lui. Inutile d'appeler les tribunaux pour ça, inutile de lancer un scandale médiatique sur le sujet comme le font avec un triste acharnement le CCIF et L.E.S Musulmans. Et si quelqu'un le lance, ne l'alimentons pas. Laissons passer l'insulte aveugle et concentrons nous sur d'autres choses qui sont plus importantes (que j'aborderai par la suite).

Cessons d'épingler le moindre journaliste ou responsable politique qui attaquerait l'islam en respectant ou non les valeurs de la laïcité. Cette constante victimisation qui consiste à pointer chaque mot lancé par tout le monde et ensuite à s'en offusquer n'attire que le mépris, et n'est pas le fruit d'une vision mature de soi-même. Ce n'est pas constructif. Ca ne fait qu'ajouter à la fureur médiatique et excite encore plus ceux qui veulent faire leur beurre sur ces polémiques touchant aux scandales des uns et des autres.
Débattons sérieusement sur les idées lorsque le contexte soulève des questions pertinentes, ou ne débattons pas.

Ceux qui mettent du saucisson de porc dans les rayons halal doivent être ignorés. Ceux qui lancent des moqueries à l'encontre des soeurs, des frères, doivent être ignorés. D'une manière générale, toutes les attaques verbales doivent êtres traités de la sorte :

Si elles touchent des sujets qui font appel à un débat d'idées, alors envoyons les bonnes personnes débattre, avec des arguments construits, réfléchis, sans concessions sur notre religion. Car ça fait partie de la prédication, la da'wa nécessaire.

Si elles ne sont que des insultes stériles, laissons aboyer, vociférer. Passons notre chemin. Ne soyons ni blessés ni perturbés. N'ayons ni honte ni regrets de ne pas être aimé de tout le monde.

Oui c'est très tentant et facile de pointer le moindre acte de lâcheté, de méchanceté gratuite de ceux qui n'aiment pas l'islam, surtout qu'ils sont nombreux, mais le silence est pour la plupart d'entre eux la meilleure des réponses. Nous sommes dans une bulle médiatique de combats d'egos totalement détachée des véritables questionnements et débats d'idées, qui ont lieu bien plus souvent dans le privé loin des caméras, avec les personnes qui cherchent vraiment à comprendre et connaître l'islam.
C'est une erreur de croire que ce qui est le plus débattu en public est le plus digne d'intérêt. De nombreuses questions d'une importance vitale restent ignorées et n'intéressent que ceux qui sont prêts à laisser leur ego de côté et s'attarder sur des questions peu gratifiantes et ne suscitant que peu l'intérêt des foules et des caméras.

J'ai la conviction que, contrairement à ce que certains pensent, délaisser toutes ces insultes stériles pour se concentrer à construire autre chose à côté est bien plus bénéfique que d'être en permanence sur tous les fronts médiatique en se battant avec des mythes vides de sens même pour ceux avec qui nous nous battons. Ce front médiatique nous obsède et même si ses implications dans la réalité sont nombreuses, le monde réel est bien plus vaste et les opportunités à ce niveau bien plus intéressantes et fertiles. Penser que ces personnes seront subitement plus gentilles une fois qu'elles auront reçu une condamnation en justice est d'une naïveté profonde pour le musulman lambda, et d'une naïveté coupable pour les organismes censé défendre les musulmans.

Edit : Cette hypotèse s'est confirmée avec la récente condamnation de Zemmour, qui n'a en rien adouci son discours.

Détruire leur discours ne sert à rien si on en a pas un cohérent et construit à proposer, qui soit le plus englobant possible. Et le temps qu'on passe en polémique et production de bruit avec les haineux de l'islam ou même entre frères et sœurs, est du temps non utilisé à se questionner soi-même, remettre en question nos actions passées et présentes, et à discuter calmement avec les musulmans pour avancer en commun sur des bases solides et objectif sain.

Ensuite, concernant ceux qui s'en prennent physiquement à nous, à nos sœurs à nos frères, je peux comprendre ceux qui feraient appel aux tribunaux et aux institutions, mais nous devons en même temps avoir une prise de conscience responsable : ne pas laisser de sœur ou même de frère vulnérable se déplacer seul. Cela implique de revoir totalement notre mode de vie, notre rôle sur terre, dans ce pays. Cela signifie renoncer à faire partie de la classe moyenne d'une société consumériste en décélération alarmante. Le problème est multi-dimentionnel et ne s'attaquer qu'à un symptôme un peu plus voyant que les autres est une erreur.

Ensuite, pour tout ceux touchés par des problèmes économiques en raison de leur appartenance à l'islam, comme les sœurs portant le hijab qui ne trouvent pas de travail, des solutions complètes et durables doivent être mises en place. Ces solutions peuvent être de divers types : rassemblement d'entreprises permettant aux sœurs d'y travailler, favoriser et mettre en place des milieux de vie qui ne demandent pas aux sœurs de travailler à plein temps, développer plusieurs communautés locales en rassemblant les moyens : logement, nourriture, transports, etc...
Le gaspillage aujourd'hui de notre part est colossal et bien des situations de détresse pourrait être évité si nous adoptions une autre approche sur notre manière de vivre et de faire circuler les biens.

Il faut cesser d'attendre des autres qu'ils valident nos croyances ou qu'ils nous portent dans leur cœur, cette mentalité immature est hautement toxique pour permettre aux musulmans d'assumer pleinement leur choix de croire. Et immature aussi est l'idée qui vise à penser que la seule possibilité de dialogue passe par l'Etat, ses croyances et ses institutions.

C'est à une véritable conscience de communauté que j'appelle, nous devons passer en revue tout notre mode de vie et sortir de l'individualisme dans lequel nous vivons parfois bon gré, qui obstrue notre vision. Car tenter de résoudre un problème avec la même mentalité que ceux qui les ont créés est stérile, les problèmes auxquels nous faisons face ne sont pas uniquement organisationnels, judiciaire, ils relèvent d'un mode de vie et d'une conception du monde mauvais dont certains qui ne sont même pas musulmans essaient de sortir.
Traiter un problème avec la même mentalité que ceux qui l'ont créé, et isoler les injustices en les traitant indépendamment en ignorant volontairement (y compris avec des bonnes intentions) les dynamiques globales qui font l'Histoire de l'humanité est très sûrement voué à l'échec.

Il faut renforcer la proximité entre les musulmans, à moyen terme pourquoi pas développer des communautés éparses inter-connectées, mais ne plus vivre chacun dans son pavillon, son HLM, avec le boulot et les vacances comme seuls horizons de vie. Certaines initiatives locales existent déjà mais il faut les renforcer, leur donner plus d'importance, d'attention, de sens, d'intérêt de portée dans les sujets abordés, corriger ce qui peut l'être et pardonné ce qui est pardonnable car personne n'est parfait et certainement pas nous.

Le but de toute la démarche de chacun, doit être d'assurer aux musulmans des moyens de subsistances corrects mais dans la frugalité, l'art de ses contenter de peu et de trouver son bonheur dans autre chose que la position sociale ou l'accumulation de biens.
Une volonté tournée vers la construction d'un mode de vie le plus possible en accord avec l'islam, sans chercher à acquérir de position importante au sein des diverses institutions existantes. Dialoguer ou se confronter avec les autres groupements humains qui composent la France en s'adressant directement à eux sur des problématiques concrètes et éviter le battage médiatique stérile. Cette vie n'est qu'une illusion passagère.

Porter les sujets sur les questions de fond après s'être soi-même formé à y répondre, et assumer nos désaccords sur nos manière de voir le monde par rapport aux autres croyances, car oui l'islam est une toute autre lecture du monde et de l'Histoire de cette Terre, qui n'est pas cohérente avec les récits athées, séculariste, progressistes.

La France comme la totalité du monde aujourd'hui connaît de graves problèmes économiques, financiers, alimentaires, médicaux qui vont en s'aggravant à la manière d'une courbe exponentielle, et tout ça est presque noyé sous les débats stériles sur l’antisémitisme d'on ne sait qui.
Il faut se débrancher de ces polémique, apprendre à les ignorer dans le silence d'un homme sourd-muet qui construit sa maison sans s'arrêter pour montrer patte blanche à la moindre demande.

Nos centres d'intérêts en tant que communauté ici bas et en tant que musulman seuls face à Allah doivent êtres totalement redéfinis. Ils doivent sortir des critères de l'idéal et des dogmes ambiants inconsciemment mis en pratiques par beaucoup d'entre nous. C'est, je pense, la seule et réelle voie d'action qui mérite qu'on y accorde des moyens et de l'attention. Toutes les autres issues sont des voies illusoires, des victoires éphémères qui ne masquent que des défaites et des défaillances encore plus grandes.

N'oublions pas dans le bouraha infernal, que dans peu de temps nous seront tous sous terre et nous ne seront pas interrogés sur notre score médiatique, le chiffre d'affaire de burkinis, ou le nombre d'élus de la république ayant des origines islamiques. Ne cherchons pas non plus à plaire à tout le monde car jamais tout le monde ne nous aimera, il faut bien se rentrer ça dans la tête. Si nous attendons que tout le monde donne son feu vert pour progresser, nous avancerons uniquement dans le sens de la majorité, qui n'a d'autre argument que le nombre. Et le nombre n'est pas un argument sérieux.

Agir en gardant à l'esprit comme objectif d'avoir une vie en accord avec les enseignements de la sunna sur un maximum de plans, en cessant d'attendre des autres qu'ils nous aiment, qu'ils nous soutiennent au nom de leurs propres valeurs en lesquelles ils ne croient plus, pour beaucoup.
Et ceux qui y croient encore, qu'ils comprennent que nous n'y croyons pas et que ce n'est pas pour autant que nous sommes des assoiffés de sang cherchant à éliminer tout ce qui n'est pas nous.
Qu'ils comprennent que le dialogue inter-religieux existait bien avant l'imposition du dogme laïque contrairement à la lecture moderne de l'Histoire qui veut faire croire qu'avant les "lumières" l'humanité a toujours vécu dans l'obscurité et la barbarie.

La résilience dans ce contexte, en tant que musulmans, c'est à mon sens sortir de cette courbe exponentielle infernale qui court droit à sa perte. Se fixer un objectif sain même modeste et s'y tenir, en s'adaptant et en laissant passer les injures et attaques puériles même si elles sont nombreuses. Soutenir et réconforter les frères et sœurs qui en souffrent et leur assurer un appui interne et sincère, en leur apprenant à ne pas craindre le blâme s'ils sont convaincu que l'islam est la vérité.

Pardonner leurs erreurs à nos frères et sœurs lorsqu'ils sont sincère dans leur volonté d'avancer mais qu'ils se trompent de sens, et le faire dans un objectif de construire et pas de détruire.

Se focaliser sur la construction durable, sur le long terme et lorsqu'il le faut, dans le silence, plutôt que les combats illusoires et éphémères de la folie médiatique.

Ces idées sont incomplètes, imparfaites, à développer, mais je pense qu'elles constituent une base globale et une vision plus saine dans laquelle beaucoup de musulmans se retrouveront, ce ne sont que des propositions.
J'ai conscience aussi qu'il est très difficile voir impossible qu'une telle mentalité s'empare de tous les musulmans de France, changeant subitement leur manière de voir les choses. Mais il suffit qu'un petit nombre de bonnes personnes motivées y réfléchissent et ça permettra incha Allah, d'avancer dans le bon sens.
Car l'enjeu n'est pas d'avancer, mais d'avancer dans le bon sens.

Pour approfondir tous les sujets effleurés, il y a des quantités de lectures disponibles sur le sujet, et je laisse à chacun le soin de s'interroger sur cette question centrale dans ce cheminement :

Que voulons nous vraiment ?

Comment le CCIF amplifie la haine de l'islam

Comment le CCIF amplifie la haine de l'islam

EDIT : le texte a été modifié pour diminuer l'empreinte colérique du moment où il a été écrit à l'origine.

Titre curieux mais laissez moi m'expliquer avant d'étiquetter cet article: "n'importe quoi". Ou fermez l'onglet, c'est au choix. C'est la conclusion à laquelle je suis arrivé en observant les dynamiques médiatiques à l’œuvre en France, en se basant sur leurs publications, les réactions qu'elles engendraient de tous les bords, aussi bien chez les musulmans que l'ensemble des français.

Pour commencer, même si on ne peut pas le classer au même rang qu'une simple "idéologie" comme le communisme, le socialisme, le sécularisme, etc.. l'islam est un ensemble de valeurs et de croyances que les individus qui adhèrent à cette voie adoptent et fait donc partie des choses sur lesquelles les individus ont le choix, contrairement à leur couleur de peau ou leur origine ethnique. L'islam N'EST PAS une caractéristique socio-culturelle héritée et immuable comme semble le considérer le CCIF. Des gens entrent et sortent de l'islam continuellement.

Si vous n'êtes pas d'accord avec ce principe de base, réinterrogez vous sur votre logique avant de poursuivre.

Le CCIF, comme maintenant son clone et partenaire L.E.S Musulmans, base son discours et sa compréhension du contexte Français sur des éléments disposés sous forme de suite logique, qui sous-tendent leurs actions, et ce de manière consciente ou non. Ces éléments peuvent être compris différemment si on les prend séparément et qu'on les insère dans une autre dynamique, mais imbriqués tels quels ils forment le bloc qu'on peut appeler "victimisation patriote" qui est la ligne du CCIF :

Théorie :

  • La loi française garantit la liberté des individus
  • La république Française est théoriquement garante de ces libertés

Pratique et compréhension du CCIF :

  • La république Française a la capacité et la volonté de garantir ces libertés
  • La lutte pour la liberté individuelle est sacrée
  • La loi française matérialisée par le système juridique doit être notre UNIQUE moyen de lutte
  • L'objectif de la lutte est exclusivement la préservation des libertés des musulmans dans ce contexte limité, et ne dois jamais dépasser ce cadre.

En résumé, le CCIF s'enferme dans une logique de plainte continuelle auprès des pouvoirs publics avec une ferveur visiblement exceptionnelle, dans l'attente et la conviction affichée que l'Etat Français républicain laïque tel qu'il est aujourd'hui a la capacité réelle et la volonté institutionnelle de faire cesser les attaques verbales et non verbales que subissent les musulmans au quotidien.

Et tout ça, dans le but de garantir aux musulmans vivant en France une vie paisible à l'ombre de la sainte laïcité d'Etat , qui doit être considérée comme la seule et unique référence idéologique par tous les Français.
Dans cette logique, et dans l'esprit borné de ceux qui guident la démarche du CCIF, si l'Etat décide de quelque chose, les Français dans leur totalité doivent s'y soumettre moralement, physiquement, de tout leur être. De cette manière, ce qu'ils nomment "l'islamophobie" cesserait puisque tous les Français obéissent et croient en la légitimité de l'Etat, et des pouvoirs publics n'est-ce pas ?

Telle est la logique du CCIF.

Mais la réalité est cruellement bien différente. Les choses ne fonctionne pas comme ça. L'Etat est très très loin d'avoir la volonté ou même les moyens de faire cesser cette "stigmatisation" des musulmans et de leur religion. Car dans la réalité, les Français sont des êtres humains aux sensibilités idéologiques différentes, qui pour beaucoup, et de plus en plus, ne se reconnaissent pas ou plus dans le discours mort, incohérent, respirant l'hypocrisie, de l'Etat et ses institutions.

En vous bornant à des plaintes et des jérémiades continuelles auprès de l'Etat, vous continuer à mépriser les Français, leur capacité de dialogue, de compréhension, en tant que groupes d'individus, en tant qu'êtres humains.
Vous ne vous adressez qu'à une machine en fin de vie qui fait face à des problèmes infiniment plus complexe que notre petit bien être socio-culturel en méprisant toute tentative de débat d'idées.

En ce sens, vous attisez encore plus la haine des Français (nombreux) qui voient déjà cet Etat et ses institutions comme non-crédibles, et non porteuses de valeurs morales acceptables. Vous souscrivez au dogme qui ne dit pas son nom, ce dogme qui dit que le seul garant du vivre-ensemble et de l'entente des groupes de personnes et l'Etat et sa morale laïque et ultra-libertaire au point d'en devenir totalitaire. Ce même dogme qui donne aujourd'hui naissance à des délire aberrants à base de non-binaires et de skoliosexuels. Oui c'est à ça que vous adhérez, si vous ne le voyez pas le rapport, alors c'est que vous n'avez pas saisi je pense les enjeux de votre propre "combat", et que vous êtes récupérable gratuitement par n'importe quelle entité ou influenceur, qui saura se jouer de vous.

En adoptant vos postures, vous reléguez l'islam en tant qu'ensemble de valeurs et croyances, à une composante culturelle qui n'a pas de place dans le débat d'idées. Vous pensez faire de la politique, être stratégique ? En réalité, la tête dans le guidon, vous foncez droit dans un mur de béton en vous dépouillant de toute capacité de dialogue réelle. Vous réduisez le débat à un combat "anti-raciste" presque comme la LICRA, qui au final n'a fait qu'amplifier le racisme.

En fonctionnant comme vous le faites, vous confirmer les français de sensibilité "d'extrêmeuh droâte" dans le mythe du choc des cultures et de l'incompatibilité intrinsèque de l'islam avec les êtres humains vivant ici. Vous alimentez par la même occasion les soupçons de fourberies à votre égard.

En réfléchissant ainsi, vous blessez et irritez profondément des frères et sœurs d'ascendance non-musulmane ayant embrassé l'islam, qui ne se reconnaissent pas dans votre pseudo-combat et votre volonté de mêler origine, culture et cette voie pour l'humanité qu'est l'islam.

En raisonnant ainsi, en mettant de côté systématiquement tout débat d'idées visant a élever le niveau, et en fonçant dans la lutte judiciaire à la moindre occasion, vous admettez implicitement que l'islam est incapable d'apporter des solutions et des bases de dialogues, souscrivant de ce fait aux thèses extrémistes et la vision caricaturale de certains français qui pensent que l'islam n'existe que par la force brute et est dénué de tout sens politique, de raffinement dans la négociation et le dialogue.
Or ils se méprennent tous les deux profondément (si vous avez besoin de lecture à ce sujet je serai ravi de vous partager mes œuvres préférées).

Et enfin, en vous plaignant systématiquement de la moindre insulte vous offrez un carburant d'excellente qualité dans des barils d'or à ceux qui vous utilisent comme tremplin pour leur carrière, ceux qui savent très bien qu'ils vont vous faire mousser à la moindre parole "blessante".

Pensez-vous réellement qu'en vous plaignant vous allez êtres, vous et et tous les musulmans, considérés par l'Etat ou les Français comme des interlocuteurs crédibles ? Comment pouvez-vous nommer "Lutte", "Combat" cet ensemble de publications et de procédures judiciaires aux odeurs d'anti-racisme, qui (pour la plupart) ne font qu'insulter les français, y compris des français musulmans dans leur rapport à l'islam ? A quel moment de l'Histoire les plaintes continuelles ont amenées à elles seules respect et considération ?

Ces mots sont durs et emprunts de colère car pendant que les injustices caractéristiques de ce système conduisent le monde entier dans le mur, au niveau économique, environnemental, financier, médical et autres, vous ne vous souciez que de préserver votre rang aux yeux d'une machine insensible qui représente de moins en moins les êtres humains qu'elle est censé protéger.

Si vous avez lu jusque là, et que plutôt que du mépris pour ces idées, vous ressentez de la curiosité pour une potentielle autre voie, voilà quelques suggestions qui même si elles ne sont pas parfaites sont des ébauches de réflexion qui peuvent aider à reconsidérer votre rapport à vous même en tant que musulmans, êtres humains vivant en France, et votre rapport aux autres humains qui vivent dans cette contrée :

  • Cesser de considérer l'Etat comme représentant de tous les esprits des français
  • Comprendre les sensibilités qui forment la population de ce pays aujourd'hui
  • Considérer l'islam comme un ensemble de valeurs et de croyances qui font votre identité en tant qu'êtres humains ayant librement choisi de croire, et engager un dialogue sur cette base avec les autres composantes de la société française.
  • Considérer de ce fait que l'islam est attaqué sur le plan des idées et qu'il est donc nécessaire de répondre sur le plan des idées.
  • Assumer et bien intégrer le fait que la voie que nous avons choisi a conduit le meilleur des Hommes a être chassé de chez lui, et que par conséquent des personnes haïront toujours l'islam même si l’État publiait un décret punissant sévèrement l'islamophobie. Au contraire ça ne ferait que radicaliser les plus convaincus.
  • Intérioriser d'abord, puis montrer à l'ensemble de la société française qu'il est possible de dialoguer avec des musulmans de communautés d'Hommes à communautés d'Hommes sans se cacher éternellement derrière les lambeaux de l'égalitarisme républicain.

Pour finir je voudrai dire que je ne connais pas personnellement chacun des individus qui composent le CCIF, et que je n'accuse pas ici ces membres individuellement mais la dynamique globale dans laquelle ils s'inscrivent. Je sais que beaucoup sont de bonne volonté mais à mon humble avis d'internaute musulman anonyme ils se trompent de route et de combat.

Fraternellement