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« Comment l’enseignement de la seconde guerre mondiale a-t-il évolué depuis soixante-quinze ans en France et dans le canton de Vaud ? »

Dans une tribune du « Le Monde de l'éducation » datant du 29 juin, Bertrand Lécureur, chargé de conservation et de recherche au Musée national de l’éducation (Munae), raconte comment l’exposé de la Seconde guerre mondiale a évolué depuis 1945. Nous vous proposons de mettre les éléments de cette tribune en regard de la situation dans le cadre scolaire vaudois.

Afin d'appréhender les changements didactiques, les instructions officielles apportent, pour Bertrand Lécureur, les meilleures informations, de même que le contenu illustré des manuels d'histoire. Ces derniers permettent aussi d'appréhender le renouvellement des démarches pédagogiques, également reflété par les travaux d'élèves réalisés au fil des années. Pour notre part, nous nous appuyons principalement sur les manuels d'histoire utilisés dans le canton de Vaud ainsi que sur les programmes scolaires lorsque nous y avons eu accès.

Maquette du camp d'Auschwitz, réalisée par des élèves de 3e du collège de Pavilly \(Seine-Maritime\) en 2015-2016. Maquette du camp d'Auschwitz, réalisée par des élèves de 3e du collège de Pavilly (Seine-Maritime) en 2015-2016.

Une lente intégration du conflit dans les programmes

Très rapidement après la fin du conflit, cet enseignement apparaît en fin de cycle primaire. Dès l'automne 1944, des enseignants entreprennent de faire raconter ou dessiner à leurs élèves leur quotidien, de 1940 jusqu'au départ de l'occupant.

Il faut attendre les années 1960 pour que la seconde guerre mondiale soit officiellement intégrée dans les programmes de l'enseignement secondaire, en 1re ou terminale d'abord, puis en 3e. A partir de 1961, le Concours national de la Résistance et de la déportation, qui existe encore aujourd'hui, est également proposé aux élèves des collèges et lycées, tandis que les visites scolaires de lieux de mémoire ou les projections thématiques dans les ciné-clubs se multiplient.

Certains éléments contenus dans les manuels scolaires viennent contredire la doxa historiographique de forte héroïsation de la Résistance et d'amnésie complète au sujet de la collaboration ou du sort spécifique des juifs. Une autre singularité méconnue de cette période réside dans les échanges franco-allemands intenses sur l'enseignement de la période 1939-1945, à l'initiative de l'Association des professeurs d'histoire-géographie et du Georg-Eckert-Institut de Brunswick.

La parole des témoins

A partir de 1980, l'enseignement de l'histoire dans son ensemble va connaître de profonds bouleversements liés aux critiques formulées à son égard par l'historien Alain Decaux. Concernant la seconde guerre mondiale plus particulièrement, les effets conjugués de travaux scientifiques novateurs, du nombre croissant d'études sur le génocide des juifs, qui viennent répondre à l'offensive négationniste, mais aussi de l'impact de certains films enrichissent le contenu des manuels et le discours des professeurs, familiarisent les élèves avec ce sujet.

Dans les années 2000, l'enseignement de la seconde guerre mondiale s'est trouvé à plusieurs reprises sous les feux de l'actualité avec les polémiques liées à la demande officielle de lecture aux élèves de la lettre de Guy Môquet, en 2007 puis l'année suivante, avec la proposition de confier à chaque élève de CM2 l'entretien de la mémoire d'un enfant juif victime du génocide. Régulièrement, les médias relaient des controverses sur les difficultés de l'enseignement de la Shoah, remis en cause dans certains établissements, qui viennent surtout rappeler toute la diversité des situaltions scolaires et le risque de les généraliser ou de les schématiser trop rapidement.

L'apport du numérique

Dans la dernière partie de sa tribune, Bertrand Lécureur met en avant des projets menés en classe depuis une dizaine d'années avec des élèves à l'aide du numérique. Ces travaux mettent en avant la vie quotidienne durant la guerre, le profil de toutes les victimes ou encore les grands débats sur les responsabilités publique ou individuelle dans le conflit.

A mon avis, ces projets illustrent les possibilités offertes par le numérique aux enseignant•es pour s'émanciper des contenus des manuels scolaires, voire des programmes officiels. Certains des ces projets sont aussi soutenus par des partenaires institutionnels. Il en est ainsi des récentes productions d'élèves des collèges Georges-Braque et Boieldieu de Rouen où les élèves ont été invités à travailler sur un massacre oublié, le 9 juin 1940 dans la ville, à l'arrivée de l'armée allemande. Les victimes furent des soldats français d'origine africaine et quelques infortunés civils, dont le seul tort était leur couleur de peau.

Production des élèves de 3e des collèges Boëldieu et Georges-Braque de Rouen, en lien avec la mémoire des soldats africains massacrés le 9 juin 1940.
Production des élèves de 3e des collèges Boëldieu et Georges-Braque de Rouen, en lien avec la mémoire des soldats africains massacrés le 9 juin 1940.

Ces productions scolaires sur ces faits, réalisées sous forme numérique mais aussi matérielle, exploitent certaines ressources du Munaé, comme celles sur l'idéologie raciale répandue dans la première moitié du XXe siècle. Bertrand Lécureur note aussi que de tels projets pédagogiques ' ont déjà et également été menés concernant la première guerre mondiale, lors des commémorations de son centenaire.

Nota Bene :

L'exposition « Histoire d'hier dans les mains d'aujourd'hui. Des élèves rouennais présentent le massacre du 9 juin 1940 » est présenté au Munaé du 28 juin au 15 juillet, et sur son site Internet. Celui-ci permet aussi une visite virtuelle de la récente exposition « Les Enfants de la Résistance. Etre jeune en 39-45 ». A partir du 18 décembre, le musée proposera l'exposition « Soixante-quinze ans d'enseignement de la seconde guerre mondiale (194 5-2020) ».

Source : www.lemonde.fr

Colloque Humanistica 2021 - Sciencesconf.org

Colloque Humanistica 2021 - Sciencesconf.org

Proposition de groupe de travail « Humanités numériques, éducation et formation »

Coordinateurs :
Thibaud Hulin, Université de Franche-Comté thibaud.hulin@univ-fcomte.fr
Aude Seurrat, université Paris 13, aude.seurrat@univ-paris13.fr

Durée souhaitée : 2h

Forme proposée : discussion avec les participants du colloque, à partir d'interventions des chercheur⋅e⋅s du groupe thématique numérique « Humanités numériques et éducation » (HUMANE - gtNum 7), porté par le Groupement d'Intérêt Scientifique Innovation, Interdisciplinarité, Formation (GIS2if) soutenu par la Direction Numérique pour l'Education (MNEJS).

Le GIS2if est une structure fédérative et interdisciplinaire qui met en réseau des chercheurs et des équipes de recherche travaillant sur les phénomènes d'innovation dans la formation. Elle se focalise en particulier sur les phénomènes d'innovation technologique, d'industrialisation de la formation et sur les interactions entre innovation et industrialisation.
Argumentaire. Alors que les pratiques de formation à distance se massifient, la recherche croisée en humanités numériques dans le champ de l'éducation et de la formation soulève des questions vives. Quelles sont les compétences numériques à enseigner des plus jeunes élèves jusqu'aux adultes en formation initiale et continue ? Quelles sont les conséquences du décloisonnement des savoirs opérés par ces enseignements ? Comment recenser, décrire et partager les expériences pédagogiques ? Quelle est la place et quelles sont les spécificités des sciences humaines et sociales dans ces enseignements ?

Pour répondre à ces enjeux actuels, les intervenants s'appuieront sur l'expérience acquise et les réflexions menées collectivement dans le groupe de travail : pour décrire et partager les pratiques enseignantes, pour cartographier la sémantique du champ des « humanités numériques, éducation et formation », enfin pour analyser la mise en œuvre d'enseignements en lien avec le contexte social et l'orientation de l'apprenant et pour analyser les conceptions du numérique à l'œuvre dans ces enseignements .

Les intervenants s'appuieront sur leur expérience de la recherche dans le domaine, et présenteront les avancées du projet HUMANE qui vise à fédérer les ressources pédagogiques et les recherches alliant humanités numériques, éducation et formation.

Références

Baron, G.-L., & Bruillard, E. (1996). L'informatique et ses usagers dans l'éducation. PUF. http://mutatice.net/glbaron/lib/exe/fetch.php/baron_bruillard_livre1996-fprepub2.pdf

Baron, G.-L. (2020). Brèves réflexions sur les humanités numériques. Frantice, 17, sous presse. pré publ : http://mutatice.net/glbaron/lib/exe/fetch.php/hn_baron_frantice_v3.pdf.

Drot-Delange, B., Pellet, J-Ph., Delmas-Rigoutsos, Y. et Bruillard, E. (2019). Pensée informatique : points de vue contrastés. Rubrique de la Revue STICEF. STICEF, 26 (1).
Collet, L., Hulin, T., & Rémond, É. (2021). Les enjeux de la formation de formateurs aux humanités numériques. In F. Paquienséguy & N. Pélissier, Questionner les humanités numériques : Positions et propositions des SIC. CPDirSIC.
Fiormonte, D. (2012). Towards a cultural critique of the digital humanities. Historical Social Research/Historische Sozialforschung, 59–76.

Hulin, T., & Petit, L. (2017). Pour une généalogie de la technique. Revue française des sciences de l'information et de la communication, 10. https://doi.org/10.4000/rfsic.2649.

Laferrière, T. (2020). La recherche en partenariat pour l'enseignement d'hier à demain. Revue hybride de l'éducation, 4(1), 94–115. https://doi.org/10.1522/rhe.v4i1.974

Lardellier, P., & Hulin, T. (Éds.). (2020). Les nouvelles médiations pédagogiques. Design et innovation pédagogiques, expériences d'enseignement technologique. L'Harmattan.

Il était une fois 2020…

Jusqu'au 31 décembre, je vous propose ma rétrospective avec une photo pour chaque mois de cette année des plus particulière, probablement la plus étrange que j'ai connue en plus de cinquante ans. Les photos sont mises en perspective en lien avec cette pandémie qui nous a tous frappé d'une manière ou d'une autre.

Il était une fois 2020… : Lutry - dimanche 5 janvier

Début janvier, le bord du lac Léman brille baigné par le soleil en ce premier week-end de l'année. L'air est frais. Le plongeoir n'accueille encore que les mouettes. La situation sanitaire en Chine paraît encore bien loin.

Il était une fois 2020… : Londres - samedi 1er février

Profitant de l'intersemestre et avant de reprendre avec le semestre de printemps, nous profitons pour faire un break de deux jours et demi sur un week-end à Londres.
Nous sommes samedi. Les rues sont joyeuses et bondées.

Dans le métro et les rues bondées, seuls les Asiatiques portent un masque. Mais la pandémie se rapproche. Serons-nous les prochains.

Personne ne se doute encore que les vacances d'été se dérouleront pour l'écrasante majorité d'entre nous dans notre propre pays.

Il était une fois 2020… : La Tour-de-Peilz & Blonay - dimanche 15 mars

En ce dimanche 15 mars, tout a basculé depuis deux jours. Le vendredi 13 mars, les décisions me plongent dès le lundi 16 mars en télétravail. Nous basculons dans le confinement. Les sorties sont limitées au strict minimum.

La circulation sur l'autoroute se fait rare déjà en ce dimanche après-midi.

Désormais, je rythme mes journées avec une sortie quotidienne de 30 minutes à 1 heure à pied dans la campagne avoisinante. Je n'ai pas à me plaindre. Le cadre est magnifique et apaisant.

Le quotidien proche devient mon support photographique privilégié lors de ces promenades jusqu'au mois de juin et à nouveau depuis fin octobre et le retour au télétravail.

Finalement, la moitié de mon année 2020 a basculé en mode télétravail et confinement plus ou moins complet.

Il était une fois 2020… : Les Ludoviales - jeudi 30 avril

Je, tu, nous, ils zoomons (et équivalents).
Voilà probablement la photo résumant le mieux le passage au télétravail en 2020.

En même temps, la situation exceptionnelle a mobilisé également des énergies exceptionnelles. Les Ludovia français, suisse, belge et canadien se mobilisent pour organiser pendant les vacances de Pâques les Ludoviales (du 27 au 30 avril), notre première expérience entièrement en ligne, pour des retours d'expérience, des ateliers, des mises en perspective (conférence, tables rondes) de ce basculement de nos systèmes scolaires entièrement à distance depuis un mois et demi.

Un truc de ouf réussi et un besoin énorme de pouvoir échanger pour tous les participant•es. Que cela fait du bien !

Site : http://ludoviales.com/

Il était une fois 2020… : Les Ecorcheresses - dimanche 17 mai

Deux mois de confinement sont passés. Les règles s'assouplissent quelque peu, même si les lieux publics sont encore fermés pour la plupart.

La situation sur les routes et en traversant les localités est étrange. Je croise peu de gens. Devant quelques restaurants, des personnes attendent en file indienne et masqués pour prendre leur repas à l'emporter. Il s'agit presque de villages ou villes fantômes.

Au début mai, la circulation automobile est très restreinte. Par contre, par beau temps, les motos sont les reines de la route.

Les premières virées sont étranges. Je regarde le paysage et les alentours de manière nouvelle. Après deux mois d'enfermement quasi complet, les premiers tours de roue me donnent l'impression de redécouvrir un monde qui avait disparu.

C'est l'occasion de revenir à d'anciens modes de roadtrip également. Il s'agit de limiter les contacts et de suppléer à la fermeture des établissements publics en se confectionnant un pique-nique. Et en oubliant pas le papier de toilette.

Il était une fois 2020… : Lac de Morat - vendredi 19 juin

Après trois mois de télétravail, les jambes et la tête fourmillent d'un besoin de sortir de ce temps immobile où la semaine et le week-end ne se distinguent guère.

Alors, profitant de ma fonction président de la Fondation vaudoise du patrimoine scolaire, je décide de me rendre à l'occasion dans les locaux de la fondation. Ceux-ci se trouvent à Yverdon-les-Bains. Et je peux y travailler seul ou avec Yvonne Cook, ma collègue de la fondation. Je change ainsi de cadre de travail et je me change aussi les idées.

J'en profite également pour prendre des chemins de traverse en rentrant avec ma moto.

Ce jour-là, le ciel est gris et même pluvieux. Qu'importe. Je zigzague dans le Vully et je m'arrête au bord du lac de Morat, histoire de profiter du paysage.

Il était une fois 2020… : Monument de la Résitance Thines - mardi 28 juillet

Finalement, nous sommes arrivés à l'été avec les projets de vacances suspendus à l'ouverture éventuelle des frontières.

Pour nos amis québécois, nous savons déjà que nous n'aurons pas l'occasion de les accueillir lors de leur voyage familial en Europe.

Reste une dernière semaine, pour laquelle il était prévu de rejoindre une partie de la famille en Ardèche.

Début juillet, les frontière s'ouvrent en Europe et il devient possible de rejoindre la famille en Ardèche. Nous descendons à moto. Une fois encore, nous profitons de la moto pour rester largement autonome et pique-niquer plutôt que de s'arrêter dans un établissement public.

Durant le séjour, j'en profite pour une journée en solo à moto dans la région. C'est ainsi que je vais découvrir le village de Thines auquel il faut accéder à pied et à son monument de la Résistance.

Il était une fois 2020… : Coire - mardi 4 août

L'été 2020 a été l'occasion pour de nombreux Romands de passer leurs vacances en Suisse alémanique. Ils seront nombreux à se rendre notamment dans les Grisons.

Pour ma part, je m'y rendais déjà régulièrement. Début août, je profite également pour une mini-semaine à moto en Suisse.

Pour 2020, je me décide pour un parcours m'amenant au Tessin, dans les Grisons, les cantons de Saint-Gall, Appenzell, Uri et Berne.

Comparé à la situation vécue en Suisse romande, celle vécue pendant ce séjour en Suisse allemande était particulière avec notamment peu de mesures de protections et peu distanciation sociale.

Finalement, la réalité de la pandémie n'a touché la Suisse allemande qu'en décembre de cette année. Ce qui nous amène à un quasi-confinement en cette fin d'année et jusqu'au 22 janvier 2021.

Il était une fois 2020… : Vevey - samedi 12 septembre

La culture a été une des principales victimes de la pandémie. La situation est dramatique pour les personnes qui en vivent.

Dans ce contexte, la tenue du Festival Images a été une véritable bouffée d'air et une forme de petit miracle.

C'est un festival que j'apprécie tout particulièrement par son parti-pris. Il consiste à amener la culture vers/avec les gens, dans les lieux qu'ils fréquentent ou qu'ils sont ravis d'investir.

Comme d'habitude, cette édition a été remarquable. Un grand merci à Stefano Stoll et à son équipe. Vivement 2022.

Il était une fois 2020… : St-Moritz - mercredi 21 octobre

Si nous avons été en mesure de débuter l'année académique 2020-2021 partiellement dans les salles de cours, la situation est devenue rapidement fragile et tendue.

Difficile de ne pas imaginer un retour au télétravail et à des formes de confinement.

Durant la semaine d'interruption des cours à la HEP Vaud, nous prenons un bon bol d'air en Engadine du côté de St-Moritz. La vallée se prête particulièrement bien à des promenades à pied. Certaines remontées mécaniques ou funiculaires sont également en fonction et nous permettent de prendre de la hauteur pour bénéficier de points de vue magnifiques.

La semaine de la reprise des cours sera la dernière où des activités en présentiel seront possibles. En moins d'une semaine, nous recevons trois directives différentes. Le vendredi 30 octobre marque le dernier jour de ce monde intermédiaire. Le lundi 2 novembre, nous passons à nouveau et, sauf exception, au télétravail et à l'enseignement à distance.

Il était une fois 2020… : Dans les vignes - jeudi 5 novembre

Avec le retour du télétravail et de l'enseignement à distance, je reprends mes promenades matinales dans la campagne avoisinante.

L'automne et ses couleurs sont bien là. Il faut reconnaître que c'est magnifique.

Néanmoins, il n'est pas question de revivre le même enfermement qu'au printemps. Je me rends à Lausanne le lundi pour débuter ma semaine et aussi un autre jour à Yverdon-les-Bains toutes les deux semaines (ou moins).

Désireux de limiter les contacts, je fais les trajets à moto.

Il était une fois 2020… : Première neige- mardi 1er décembre

En ce mardi 1er décembre, la première neige fait son apparition autour de la maison.

Ce moment-là est toujours magique. Ma promenade du jour sera un véritable enchantement.

Ainsi s'achève cette rétrospective de cette curieuse année 2020.

En même temps, il est difficile de parler d'une nouvelle année à partir du premier janvier. J'ai l'impression de ne pas sortir de l'année 2020. La situation sanitaire reste préoccupante. Le virus occupe largement nos esprits. L'arrivée du vaccin et la vaccination ne produiront que progressivement des effets sur notre vie sociale, culturelle, familiale et économique. Il se peut que la nouvelle année ne débute véritablement qu'en juillet.

Je vous adresse néanmoins tous mes meilleurs voeux à vous et à vos proches. Keep safe !

Il était une fois 2020…

Jusqu'au 31 décembre, je vous propose ma rétrospective avec une photo pour chaque mois de cette année des plus particulière, probablement la plus étrange que j'ai connue en plus de cinquante ans. Les photos sont mises en perspective en lien avec cette pandémie qui nous a tous frappé d'une manière ou d'une autre.

Il était une fois 2020… : Lutry - dimanche 5 janvier

Début janvier, le bord du lac Léman brille baigné par le soleil en ce premier week-end de l'année. L'air est frais. Le plongeoir n'accueille encore que les mouettes. La situation sanitaire en Chine paraît encore bien loin.

Il était une fois 2020… : Londres - samedi 1er février

Profitant de l'intersemestre et avant de reprendre avec le semestre de printemps, nous profitons pour faire un break de deux jours et demi sur un week-end à Londres.
Nous sommes samedi. Les rues sont joyeuses et bondées.

Dans le métro et les rues bondées, seuls les Asiatiques portent un masque. Mais la pandémie se rapproche. Serons-nous les prochains.

Personne ne se doute encore que les vacances d'été se dérouleront pour l'écrasante majorité d'entre nous dans notre propre pays.

Il était une fois 2020… : La Tour-de-Peilz & Blonay - dimanche 15 mars

En ce dimanche 15 mars, tout a basculé depuis deux jours. Le vendredi 13 mars, les décisions me plongent dès le lundi 16 mars en télétravail. Nous basculons dans le confinement. Les sorties sont limitées au strict minimum.

La circulation sur l'autoroute se fait rare déjà en ce dimanche après-midi.

Désormais, je rythme mes journées avec une sortie quotidienne de 30 minutes à 1 heure à pied dans la campagne avoisinante. Je n'ai pas à me plaindre. Le cadre est magnifique et apaisant.

Le quotidien proche devient mon support photographique privilégié lors de ces promenades jusqu'au mois de juin et à nouveau depuis fin octobre et le retour au télétravail.

Finalement, la moitié de mon année 2020 a basculé en mode télétravail et confinement plus ou moins complet.

Il était une fois 2020… : Les Ludoviales - jeudi 30 avril

Je, tu, nous, ils zoomons (et équivalents).
Voilà probablement la photo résumant le mieux le passage au télétravail en 2020.

En même temps, la situation exceptionnelle a mobilisé également des énergies exceptionnelles. Les Ludovia français, suisse, belge et canadien se mobilisent pour organiser pendant les vacances de Pâques les Ludoviales (du 27 au 30 avril), notre première expérience entièrement en ligne, pour des retours d'expérience, des ateliers, des mises en perspective (conférence, tables rondes) de ce basculement de nos systèmes scolaires entièrement à distance depuis un mois et demi.

Un truc de ouf réussi et un besoin énorme de pouvoir échanger pour tous les participant•es. Que cela fait du bien !

Site : http://ludoviales.com/

Il était une fois 2020… : Les Ecorcheresses - dimanche 17 mai

Deux mois de confinement sont passés. Les règles s'assouplissent quelque peu, même si les lieux publics sont encore fermés pour la plupart.

La situation sur les routes et en traversant les localités est étrange. Je croise peu de gens. Devant quelques restaurants, des personnes attendent en file indienne et masqués pour prendre leur repas à l'emporter. Il s'agit presque de villages ou villes fantômes.

Au début mai, la circulation automobile est très restreinte. Par contre, par beau temps, les motos sont les reines de la route.

Les premières virées sont étranges. Je regarde le paysage et les alentours de manière nouvelle. Après deux mois d'enfermement quasi complet, les premiers tours de roue me donnent l'impression de redécouvrir un monde qui avait disparu.

C'est l'occasion de revenir à d'anciens modes de roadtrip également. Il s'agit de limiter les contacts et de suppléer à la fermeture des établissements publics en se confectionnant un pique-nique. Et en oubliant pas le papier de toilette.

Il était une fois 2020… : Lac de Morat - vendredi 19 juin

Après trois mois de télétravail, les jambes et la tête fourmillent d'un besoin de sortir de ce temps immobile où la semaine et le week-end ne se distinguent guère.

Alors, profitant de ma fonction président de la Fondation vaudoise du patrimoine scolaire, je décide de me rendre à l'occasion dans les locaux de la fondation. Ceux-ci se trouvent à Yverdon-les-Bains. Et je peux y travailler seul ou avec Yvonne Cook, ma collègue de la fondation. Je change ainsi de cadre de travail et je me change aussi les idées.

J'en profite également pour prendre des chemins de traverse en rentrant avec ma moto.

Ce jour-là, le ciel est gris et même pluvieux. Qu'importe. Je zigzague dans le Vully et je m'arrête au bord du lac de Morat, histoire de profiter du paysage.

Il était une fois 2020… : Monument de la Résitance Thines - mardi 28 juillet

Finalement, nous sommes arrivés à l'été avec les projets de vacances suspendus à l'ouverture éventuelle des frontières.

Pour nos amis québécois, nous savons déjà que nous n'aurons pas l'occasion de les accueillir lors de leur voyage familial en Europe.

Reste une dernière semaine, pour laquelle il était prévu de rejoindre une partie de la famille en Ardèche.

Début juillet, les frontière s'ouvrent en Europe et il devient possible de rejoindre la famille en Ardèche. Nous descendons à moto. Une fois encore, nous profitons de la moto pour rester largement autonome et pique-niquer plutôt que de s'arrêter dans un établissement public.

Durant le séjour, j'en profite pour une journée en solo à moto dans la région. C'est ainsi que je vais découvrir le village de Thines auquel il faut accéder à pied et à son monument de la Résistance.

Il était une fois 2020… : Coire - mardi 4 août

L'été 2020 a été l'occasion pour de nombreux Romands de passer leurs vacances en Suisse alémanique. Ils seront nombreux à se rendre notamment dans les Grisons.

Pour ma part, je m'y rendais déjà régulièrement. Début août, je profite également pour une mini-semaine à moto en Suisse.

Pour 2020, je me décide pour un parcours m'amenant au Tessin, dans les Grisons, les cantons de Saint-Gall, Appenzell, Uri et Berne.

Comparé à la situation vécue en Suisse romande, celle vécue pendant ce séjour en Suisse allemande était particulière avec notamment peu de mesures de protections et peu distanciation sociale.

Finalement, la réalité de la pandémie n'a touché la Suisse allemande qu'en décembre de cette année. Ce qui nous amène à un quasi-confinement en cette fin d'année et jusqu'au 22 janvier 2021.

Il était une fois 2020… : Vevey - samedi 12 septembre

La culture a été une des principales victimes de la pandémie. La situation est dramatique pour les personnes qui en vivent.

Dans ce contexte, la tenue du Festival Images a été une véritable bouffée d'air et une forme de petit miracle.

C'est un festival que j'apprécie tout particulièrement par son parti-pris. Il consiste à amener la culture vers/avec les gens, dans les lieux qu'ils fréquentent ou qu'ils sont ravis d'investir.

Comme d'habitude, cette édition a été remarquable. Un grand merci à Stefano Stoll et à son équipe. Vivement 2022.

Il était une fois 2020… : St-Moritz - mercredi 21 octobre

Si nous avons été en mesure de débuter l'année académique 2020-2021 partiellement dans les salles de cours, la situation est devenue rapidement fragile et tendue.

Difficile de ne pas imaginer un retour au télétravail et à des formes de confinement.

Durant la semaine d'interruption des cours à la HEP Vaud, nous prenons un bon bol d'air en Engadine du côté de St-Moritz. La vallée se prête particulièrement bien à des promenades à pied. Certaines remontées mécaniques ou funiculaires sont également en fonction et nous permettent de prendre de la hauteur pour bénéficier de points de vue magnifiques.

La semaine de la reprise des cours sera la dernière où des activités en présentiel seront possibles. En moins d'une semaine, nous recevons trois directives différentes. Le vendredi 30 octobre marque le dernier jour de ce monde intermédiaire. Le lundi 2 novembre, nous passons à nouveau et, sauf exception, au télétravail et à l'enseignement à distance.

Il était une fois 2020… : Dans les vignes - jeudi 5 novembre

Avec le retour du télétravail et de l'enseignement à distance, je reprends mes promenades matinales dans la campagne avoisinante.

L'automne et ses couleurs sont bien là. Il faut reconnaître que c'est magnifique.

Néanmoins, il n'est pas question de revivre le même enfermement qu'au printemps. Je me rends à Lausanne le lundi pour débuter ma semaine et aussi un autre jour à Yverdon-les-Bains toutes les deux semaines (ou moins).

Désireux de limiter les contacts, je fais les trajets à moto.

Il était une fois 2020… : Première neige- mardi 1er décembre

En ce mardi 1er décembre, la première neige fait son apparition autour de la maison.

Ce moment-là est toujours magique. Ma promenade du jour sera un véritable enchantement.

Ainsi s'achève cette rétrospective de cette curieuse année 2020.

En même temps, il est difficile de parler d'une nouvelle année à partir du premier janvier. J'ai l'impression de ne pas sortir de l'année 2020. La situation sanitaire reste préoccupante. Le virus occupe largement nos esprits. L'arrivée du vaccin et la vaccination ne produiront que progressivement des effets sur notre vie sociale, culturelle, familiale et économique. Il se peut que la nouvelle année ne débute véritablement qu'en juillet.

Je vous adresse néanmoins tous mes meilleurs voeux à vous et à vos proches. Keep safe !

A Digital Project Handbook

Beth Fischer (boursière postdoctorale en sciences humaines numériques au Williams College Museum of Art) et Hannah Jacobs (spécialiste des sciences humaines numériques, Wired ! Lab, Duke University) proposent des ressources ouvertes, évaluées par les pairs, de contenus et d'informations relatives à la réalisation de projets numériques en sciences humaines.

Leur Digital Book offre

  • des conseils sur les flux de travail, les ressources et les principes de calcul ;
  • des sujets applicables à de nombreux types de projets;
  • un contenu modulaire et téléchargeable, permettant aux utilisateurs de créer des guides annotés personnalisés.

L'illustration ci-dessous synthétise la structure de leur projet et permet de visualiser les sujets abordés dans leur Digital Project Handbook :

Leurs ressources ouvertes comblent le fossé entre les tutoriels spécifiques présent sur la plate-forme et le discours disciplinaire en sciences humaines numériques.

Beth Fischer et Hannah Jacobs souhaitent ainsi combler le fossé entre les tutoriels spécifiques à la plate-forme et le discours disciplinaire en sciences humaines numériques.

Exemple : les projets temporels

A titre d'exemple, voici la traduction de la partie introductive de la page consacrée aux projets temporels.

Les projets temporels nécessitent rarement de nouveaux biens d'équipement, bien que vous puissiez y intégrer des sous-projets, comme des séquences vidéo ou des documents d'archives, qui nécessitent un équipement spécial. Il y aura parfois des coûts d'équipement pour des présentations spéciales de projets temporels, comme les panneaux d'affichage lumineux interactifs qui sont très populaires dans les expositions.

La plupart des programmes et des plateformes permettant de réaliser des projets temporels fonctionnent bien sur un ordinateur standard sans puissance de traitement supplémentaire, et nombre d'entre eux peuvent même être entièrement exécutés dans un navigateur web, ce qui permet de travailler facilement sur n'importe quel ordinateur connecté à Internet.

Les programmes utiles pour les projets temporels appartiennent généralement à l'une des trois catégories suivantes

- Les plates-formes ou programmes temporels qui vous permettent de créer une ou plusieurs séries d'événements d'idées en série.

- Les plates-formes de narration d'histoires comme StoryMapJS, ESRI Story Maps, ou les programmes qui aident à la création de récits de type cinématographique.

- Des programmes d'analyse de données et de réseaux comme Tableau ou GraphCommons, y compris ceux utilisés pour la cartographie, qui vous permettent de montrer comment les espaces, les idées ou d'autres facteurs évoluent dans le temps les uns par rapport aux autres.

[…]

Les matériaux proposés sont riches et intéressants et sont complétés par des études de cas significatives et documentées. Le tout forme une boîte à outils utiles et inspirantes relativement aux humanités à l'ère numérique.

Le site : A Digital Project Handbook

Accord sur le Brexit et dissolution de la Tchécoslovaquie

Actuellement le Brexit est dans sa dernière phase. Soit un accord est trouvé entre les Britanniques et les Européens. Soit les règles de l'OMC régiront les rapports entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne.

Alors que l'absence d'un accord paraît devoir coûter cher au Royaume-Uni, apporterait beaucoup de pagaille et compliquerait le retour à la croissance économique, on peut s'interroger sur la position britannique. Elle ne paraît pas rationnelle.

Or, il n'est certainement pas question de rationalité.

Souvenons-nous de la séparation de la Tchécoslovaquie après la chute du Mur. Là, également, le choix ne paraissait pas rationnel du côté de la Slovaquie. Elle était la partie la plus "pauvre" qui s'appuyait sur l'économie de la future République tchèque.

Pourtant, rien n'y a fait. La question de la souveraineté primait sur le reste. Peut-être pas que… mais dans les faits OUI.

Par ailleurs, du côté de l'Union européenne, certains pays, dont la France, ne sont pas prêts à lâcher, y compris sur des éléments qui peuvent paraître secondaires telle la question de la pêche.

Du côté européen également donc, des éléments pas forcément et entièrement rationnels concourent à prendre le risque et à privilégier une sortie sans accord plutôt qu'avec.

Malgré la pandémie et les conséquences d'un Brexit sans accord, je suis donc fortement persuadé, à ce stade, que nous allons assister à une sortie sans accord à ce stade.

A lire : Toujours pas d'accord sur le Brexit, mais des signes positifs venus de Londres

Song Sung Blue (Classic Diamonds)

Difficile de dire pourquoi certaines chansons ou certains chanteurs occupent une place si particulière dans notre existence. Mais il en est ainsi, pour moi, avec Neil Diamond.

Pour une raison que j'ignore, c'est un album 33Tours de Neil Diamond, une compilation en plus, qui a été un de mes premiers achats avec un album de Bob Dylan et une compilation des Beatles (mais par interprétées par les Beatles).

J'ai toujours été saisi, emporté par sa voix, les mélodies et la simplicité de l'ensemble.

Même si cela peut paraître gnangnan ou cucul, comme avec Play me:

You are the sun, I am the moon

You are the words, I am the tune

Play me

Mais ça fonctionne.

https://youtu.be/LuA2H-TU59c

https://open.qobuz.com/track/102663166

Rien ne vaut l'écoute de Neil Diamond, pour moi, alors qu'il fait nuit, que la neige tombe dehors et que le paysage est entièrement blanc luisant dans l'obscurité.

Voilà. Pas de raison de bouder mon plaisir.

Song Sung Blue (Classic Diamonds)
Label: Capitol Records
Composer: Neil Diamond

Trump récolte ce qu'il a semé, étonnant non ?

En se réveillant vendredi, certains Américains ont eu une réaction similaire à l'étonnante nouvelle selon laquelle le président des États-Unis avait été testé positif pour le Covid-19 après avoir minimisé le virus pendant des mois : Ce n'est peut-être pas vrai.

"Je n'y crois pas", a déclaré Anthony Collier, un camionneur d'Atlanta. "C'est comme s'il essayait d'obtenir de la sympathie."

Source : https://www.nytimes.com/2020/10/02/us/politics/trump-virus-trust.html

Frantz Fanon : La violence en héritage ? - France culture

Frantz Fanon : La violence en héritage ? - France culture

Frantz Fanon a été une découverte majeure durant mes études universitaires relativement à la question coloniale (et la décolonisation) et des mécanismes de domination érigés par les Européens à travers le monde et plus particulièrement du racisme envers les Noirs. Au même titre, voire plus encore, qu'Albert Memmi et son portrait du colnisé et du colonisateur [Portrait du colonisé, précédé du portrait du colonisateur (préf. Jean-Paul Sartre), Paris, Buchet/Chastel, 1957, 193 p.].

Deux ouvrages m'ont à ce titre marqué :

  • Peau noire, masques blancs, 1952, rééd., Le Seuil, col. « Points », 2001.
  • Les Damnés de la Terre, 1961, rééd., La Découverte, 2002.

Du 17 au 21 août, l'émission Grandes Traversées de France culture s'est attaché au parcours de cet intellectuel brillant et fortement impliqué dans la lutte pour l'indépendance de l'Algérie ainsi que dans un combat international dressant une solidarité entre « frères » opprimés.

Je vous propose plus particulièrement l'écoute de cet épisode intitulé La violence en héritage ?

La présentation de l'émission par France culture

Comment Fanon est-il devenu le défenseur de la violence politique ? Peu avant sa mort, il rencontre Sartre et passe trois jours à Rome sans presque dormir, qui aboutissent à la préface par le philosophe des "Damnés de la terre". Livre référence pour tous les peuples en quête d'émancipation.

Trois jours à Rome et peut-être aussi l'histoire d'un malentendu.


Le psychiatre et révolutionnaire d'origine antillaise Frantz Fanon dans les années 1950. Il prit position pour la révolution algérienne et milita pour la révolution des pays du tiers monde.• Crédits : A gauche : STF / AFP. A droite : Pacha J. Willka (via Wikimedia Commons)

L'émission

Avec : Frédéric Ciriez, Alice Cherki, Aurélia Michel, James Toner, Victor Permal, Achille Mmembe, Michel Giraud, Mireille Fanon-Mendès-France, Sarah Fila Bakabadio, Pap N'Diaye, Elaine Mokhtefi, François Gèze, Jean Khalfa, Magali Bessone et Romuald Fonkoua.

Lectures : Gaël faye, Hélène Lesoer et Daniel Kenigsberg

Prise de son : Alexandre Abergel et Bernard Laniel

Frantz Fanon en bref

Né en 1925 à Fort-de-France et enterré en 1961 en Algérie, Frantz Fanon pourrait faire partie d'un temps révolu, le temps des colonies. On aimerait pouvoir remiser soigneusement sa pensée sur l'étagère des témoignages d'une histoire passée comme une relique, comme la trace ténue d'une histoire lointaine, cicatrisée. Ses écrits, de Peau noire et Masques blancs aux Damnés de la terre font pourtant toujours écho de manière incendiaire aux relations raciales du XXIe siècle.

Né aux Antilles françaises dans l'entre-deux-guerres, Frantz Fanon est devenu l'emblème de la décolonisation à travers son engagement dans la guerre d'Algérie aux côtés du FLN. Le problème avec Frantz Fanon ce sont les multiples mythes qui surgissent à son évocation : le psychanalyste, qu'il n'était pas, l'élève d'Aimé Césaire, pas plus, le virulent défenseur d'une violence politique vengeresse, pas tout à fait.

Aujourd'hui, le nom de Frantz Fanon résonne à l'échelle planétaire, une référence incontournable lorsqu'on évoque la condition noire et la violence coloniale qui explose après la Deuxième Guerre mondiale. Dans l'embrasement des années 60 et 70 Fanon est là, dans les têtes. Inspirateur de nombreux combats, des Black Panthers aux Palestiniens en passant par les militants anti-apartheid d'Afrique du Sud, il reste un des penseurs révolutionnaires qui a marqué de son empreinte la fin des empires coloniaux et l'analyse des relations interraciales.

Source : www.franceculture.fr

Les épisodes de Grandes Traversées consacré à Frantz Fanon : Grandes traversées : Frantz Fanon, l'indocile

John L. Stoddard (1897) - Lucerne et Rigi

John L. Stoddard (1897) - Lucerne et Rigi

A l'occasion d'un week-end de trois jours (19-21 septembre), nous avons profité pour organiser un séjour à Lucerne et le lac des Quatre-Cantons. Le dimanche nous avons eu notamment le plaisir de nous rendre pour la première fois au Rigi.

Avant de vous présenter notre séjour, voici comment John L. Stoddard — le père tutélaire nos globe-trotteurs actuels, vlogeur.euses, instagrammeur.euses ou blogueur.euses de voyage — présentait à la fin du 19e siècle son séjour lucernois.


Lucerne, Suisse, 1893. Source : https://www.meisterdrucke.com/kunstdrucke/John-L.-Stoddard/740551/Luzern,-Schweiz,-1893..html

Another portal to this land of mountains, rivaling Interlaken in attractivness, is Lucerne, reclining peacefully beside its noble lake. I do not know a resting-place in Switzerland which is in all respects so sytisfying as this.

Its hotels are among the finest in the world, the town itself is pretty and attractive; and in the forderground is a panorama too varied to become monotonous, too beautiful ever to lose its charm. Mount Pilate and the Rigi guard Lucerne like sentinels, the one on the east, the other on the west, like haltingplaces for the morning and the evening stars. Directly opposite, upon the southern boundary of the lake, miles upon miles of snow-capped moutains rise against the sky, as if to indicate the limite of the world.

John L. Stoddard (1850-1931)

Stoddard est né à Brookline, Massachusetts, en 1850. En 1871, il est diplômé du Williams College.

Il a commencé à voyager autour du monde en 1874 et a publié Red-Letter Days Abroad en 1884. Il a transformé ses expériences en une série de conférences populaires données dans toute l'Amérique du Nord. Ces conférences ont été publiées périodiquement sous forme de livre sous le titre de John L. Stoddard's Lectures et ont fini par compter 10 volumes et cinq suppléments (1897-1898). Les livres comprennent de nombreuses illustrations tirées de l'immense catalogue de photographies prises par Stoddard et couvrent tous les sujets, de l'art et de l'architecture à l'archéologie et à l'histoire naturelle. Les livres étaient immensément populaires à leur époque et de nombreux exemplaires subsistent encore. Plus tard, Stoddard a également publié de la poésie, ainsi que des livres sur des sujets religieux.

Notice wikipedia (en) : https://en.wikipedia.org/wiki/John_Lawson_Stoddard

Cahier : John L. Stoddard (1897). Switzerland. Chicago:: Belford, Middlebrook & Compagny, p. 30-31. Partie extraite de son volume 1 Norway. Switzerland. Athens. Venice.

Triennale BEX & ARTS 2020 (22.06.2020 au 18.10.2020)

En cette année plus que particulière pour la culture, les expositions en plein air ont, sans nul doute, une carte importante à jouer. ce sera le cas notamment pour le Festival Images à Vevey en septembre-octobre et cela l'est également pour Bex & Arts, Triennale de sculpture contemporaine en plein air, qui vient d'ouvrir ses portes.


Vue sur Bex et les montagnes depuis le parc

Pour le visiteur, c'est l'occasion de découvrir ou de profiter d'un magnifique parc. Vous pourrez d'ailleurs, y pic-niquer. Tout en découvrant des sculptures contemporaines monnumentales.

Le thème de cette édition est « Industria ». Ce terme polysémique désigne toute forme d’activité productive, et ce aussi dans le sens de production culturelle, artistique et intellectuelle. Il forme notamment l’essence et le point de départ des premières avant-gardes en architecture, en art et en design. Pour les organisateurs :

La volonté de nouer des liens étroits et des synergies entre art, société et économie est particulièrement d’actualité dans notre ère qui se caractérise par une transition entre société industrielle et société numérique.

34 oeuvres monumentales d'artistes ou collectifs sont disséminées dans le parc.


Equilibri, plan B de Carles Valverde

Pour parcourir l'ensemble des oeuvres, il vous faudra compter au moins deux heures dans ce magnifique parc.


Twins, die Stehende, die Schwenbende de Anja Luithle

Parmi les oeuvres qui m'ont particulièrement touchées, plues ou impressionnées, je vous conseille, le Quartier des fous d'Olivier Estoppey. Comme ses personnages, vous allez vous-mêmes basculer phyisquement et littéralement dans la folie, dans un déséquilibre. C'est à vivre !


Skybirds de Joëlle Allet

J'ai apprécié également Skybirds de Joëlle Allet et son installation de neuf oiseaux similaires fixés au sol, tournant sur eux-mêmes au gré du vent.


Cabeza de Hongo de Daniel Zea

Mon coup de coeur va à Cabeza de Hongo de Daniel Zea, une installation sonore intégrée au sein d'un bouquet d'arbre du parc paysager. Elle est composée de cymbales, pendues à des branches, que l'on découvre peu à peu et sur lesquelles sont placés des mini-haut-parleurs diffusant une musique spécialement composée pour cette oeuvre.


Vue sur les montagnes et Le Tiret d'Aurélien Gamboni

J'ai bien aimé également Ecoute, Son Silence Bruit… de Pierre Mariétan et son haïku "sonore", excellemment intégré à l'environnement.


Romeo and Juliet de Massimo Furlan/Antoine Friderici

Ma dernière mention est pour Du chant mystérieux de la chevêche d'Athéna d'Andrea Wolfensberger, superposition de deux graphes bidimensionnels et représentant l'enregistrement du chant de deux chevêches, petite chouette en voie d'extinction, mais réintroduite récemment dans les environs de Bex.

Et vous ?

Lien et informations : https://www.bexarts.ch

Stackedit.io : un éditeur Markdown avec votre navigateur

Stackedit.io vous offre la possibilité de rédiger des documents au format Markdown à l'aide de votre navigateur que vous soyez connecté ou non (les fichiers sont sauvegardés sur votre ordinateur). C'est plutôt malin.

Les jetons d'accès émis par Google, Dropbox, GitHub... sont stockés dans votre navigateur et ne sont pas envoyés à un quelconque backend ou à une tierce partie, de sorte que personne n'a accès à vos données.

Stackedit.io vous permet aussi d'organiser vos fichiers au sein de dossiers. Il devient ainsi l'équivalent d'un bloc-notes personnalisé.

Vous pouvez gérer plusieurs espaces de travail et les synchoniser. Par exemple, l'un pourra être sur Google Drive et l'autre sur Github. En procédant de la sorte, vous devriez pouvoir synchroniser vos fichiers entre différents ordinateurs et disposez aussi d'une sauvegarde.

Mais le partage d'espace, grâce au mécanisme de synchronisation, permet un travail collaboratif. Si deux collaborateurs travaillent en même temps sur le même fichier, StackEdit se charge de fusionner les modifications.

En plus, vous pouvez publier vos fichiers sur Github, Google Drive ou Dropbox notamment. En plus, il est églement possible de lier Stackedit.io avec votre compte Wordpress ou Blogger et rédigez vos billets de blogs en mardown avant de les publier sur votre blog.

Autrement, on retrouve les fonctionnalités de base de tout éditeur Markdown.

Lien : https://stackedit.io

De BlackPearl à CaptainScrambler | Dix ans de Ludovia

2020 est d'ores et déjà une année très particulière, elle l'est encore plus pour moi fin août. En effet, cela fera dix ans que je me suis rendu pour la première fois à Ax-les-Thermes pour participer à Ludovia. Dix ans également d'intégration à l'équipe internationale des blogueurs. A chaque fois, je m'y suis rendu à moto. J'envisage une forme de remake de ma première descente et remontée à moto.

Curieusement, le parcours de mon premier déplacement à Ax-les-Thermes est peu documenté ou les photos sont manquantes.

Pour l'aller, une première étape m'a conduit à Alès par les petites routes quasiment exclusivement. Une deuxième étape via Lodève et Bédarieux.

Pour le retour, une remontée en trois jours en passant notamment par Dignes-les-Bains, Briançon, le Mont-Cenis, le Petit et le Grand-Saint-Bernard.

Cette année, l'idée de base est de me remettre le plus possible dans ces traces du parcours et dans une configuration moto et d'équipement comparables. Cet article se propose de vous présenter et comparer les deux équipages : celui de 2010 et celui prévu pour 2020.

Sur la route de Ludovia 2010 : BlackPearl

Je vous présente la moto et l'équipement avec lequel je me suis rendu pour la première fois à Ax-les-Thermes : ma Suzuki Gladius baptisée du nom de BlackPearl en référence à sa couleur noire et de Pirates des Caraïbes. La voici le jour du départ:

Acquise début 2010, BlackPearl était une Gladius modifiée (pot spécial, spoiler avant, boucle arrière modifiée). Je l'avais découverte à SwissMoto et mon concessionnaire en avait fait l'acquisition. Je lui avait encore adjoint une bulle et un tapis et un sac de réservoir Bagster.

C'était un roadster naked, très léger (moins de 200 kg). Le moteur était un twin bicylindre pêchu de 650cm3 et 75CV qui m'a donné la banane pendant une année. Tellement la banane que j'ai parcouru 15'000km à son guidon en une année.

Cependant, il offrait peu de possibilité d'emport de bagages, notamment en raison des modifications de la boucle arrière. La seule solution pour me rendre à Ludovia a consisté à me munir d'un sac étanche, modèle pour bateau, d'environ 50 litres que vous pouvez observer sur la photo.

Peu faite pour de longs trajets sur l'autoroute, BlackPearl explique largement les choix du parcours pour descendre à Ax-les-Thermes.

Sur la route de Ludovia 2020 : CaptainScrambler

A partir de 2013 et mes nouvelles descente à Ax-les-Thermes, mon équipage a changé de nature. En premier lieu avec une GT CaptainJack, ma BMW RT1200, puis Captain Adventure, deux motos très largement faites pour le voyage.

Bon, en 2018, j'ai choisi de reprendre le sac marin de 2010 pour une descente un peu plus "légère" au guidon de ma GS Adventure, mais la photo permet de constater quelques différences quand même :

Pour se rapprocher au plus près de la première virée de 2010, j'envisage donc de partir avec CaptainScrambler :

Acquise en 2001, CaptainScrambler a actuellement près de 86'000km au compteur. C'est un boxer (bicylindre également) de 85ch, refroidi par air. Au niveau du poids, elle fait près de 240kg tout plein fait.

Elle est un peu plus coupleuse que BlackPearl, peut-être un peu moins agile qu'elle, mais son chassis est très largement supérieur. Parmi les autres avantages, il faut signaler les poignées chauffantes et la transmission par cadran. Globalement la qualité de fabrication est supérieure.

Depuis son acquisition, elle a été largement modifiée pour la scrambleriser (et surtout l'alléger). On peut aussi la considérer aujourd'hui comme un roadster naked. Comme BlackPearl, elle n'est pas prévue, dans sa configuration, pour de longs trajets sur autoroute.

Je dois aussi trouver une solution pour un sac à poser sur la partie arrière.

A son guidon, les sensations de conduite se rapprochent largement de celles connues avec BlackPearl.

A suivre…

Bye Bye iPad Pro, welcome back MacBook

Récemment, j'étais de retour avec mon iPad Pro 12”9 et son clavier Brydge. C’est une forme très minimaliste en fait de machine écrire. Un écran et un clavier et la frappe au kilomètre. Il m'a alors fallu retrouver le bon espacement invisibles des touches pour éviter de faire trop de fautes de frappe à l’aveugle. Et ça a fonctionné.

Néanmoins, depuis le début du Covid-19, mes iPads sont très largement passés au second plan. Dans mon écosystème numérique, mon MacBook Air ou mon MacBook 12” associé à mon iPhone 8 font entièrement la paire. C’est une des surprises du chef de cette période.

Les aspects nomades sont très largement passés au second plan avec le confinement. A cela s’ajoute les contraintes de la productivité dans mon cadre professionnel. Le besoin d’outils spécifiquement multitâches redonne ses lettres de noblesse aux ordinateurs de bureau ou portable.

Je recours également plus à mon ordinateur de bureau et à son grand écran dans le cadre de mes activités quotidiennes. C’est plus reposant et utilisable notamment dans le cadre des visioconférences.

Concernant le côté bloc-notes de l’iPad, je recoure aussi et plutôt au papier le cas échéant. Ne serait-ce que pour échapper quelque peu au temps de présence devant écran.

Tout concourt donc pour rétrécir le champ d’utilisation de l’iPad et de mon intérêt à y recourir.

27.09.2020 : compléments

De plus, la nouvelle version du Mac Os appelé Big Sur rapproche très largement les Mac de l'expérience de l'iPad sur certains aspects et cela n'est pas désagréable. Notamment avec la possibilité offerte que la fenêtre de l'application dans laquelle vous travaillé occupe l'entier de l'écran et fasse disparaître entièrement la barre des menus. Celle-ci réapparaît lorsque vous passer au-dessus avec votre trackpad ou votre souris. Je retrouve alors le comportement "machine à écrire dont je vous parlais en introduction". Ce mode renforce votre capacité de concentration, plus particulièrement lorsque je réside. Avec mon MacBook 12", j'avoue être séduit alors que préalablement je regardais ce nouveau système d'exploitation devant permettre la transition vers les futurs macs ARM d'un oeil distant pour ne pas dire très sceptique.

Pour résumé donc, mon meilleur iPad est devenu mon MacBook 12".

A suivre…

Roadtrip en Emmenthal : Blapbach & Lüderenalp (12.06.2020)

En ce vendredi 12 juin, la journée s'annonce être la plus belle de la semaine et même du week-end. L'objectif du matin est de mettre le paquet pour terminer le travail de la semaine et prendre mon après-midi. Objectif atteint. Je peux alors profiter de cette journée pour rejoindre à moto la région de l'Emmenthal. Moteur et gaz !

Une fois le pique-nique préparé, il est alors temps de monter sur CaptainAdventure et de partir en direction de l'Emmenthal pour découvrir ou redécouvrir des petites routes qui font le charme de cette région.

Après un petit échauffement pour rejoindre Châtel-St-Denis, je prends l'autoroute jusqu'à Rossens. Direction ensuite, le barrage de Rossens où la faim me tenaillant je m'arrête pour pique-niquer.

Je poursuis ensuite en direction du Mouret, de Guggisberg, de Rueschegg et de Wattenwil. Je m'arrête au Café 44 pour un espresso. Il commence à faire chaud (28° degrés).

Après Thoune et Steffisburg, j'entreprends la partie sympathique de la journée en rejoignant le Schallenberg, paradis des motards de la région.

Mais il s'agit pour moi de rejoindre Eggiwil où m'attend mon premier objectif du jour avec la petite route qui conduit à Blapbach.

L'Emmenthal n'est pas seulement un fromage plein de trous, mais surtout une région très vallonnée qui offre à chaque fois à ses sommets des points de vue imprenables sur les Alpes.

La route est étroite et technique depuis Eggiwil, mais elle en vaut largement la peine. En arrivant à Blapbach que je découvre pour la première fois, je ne suis pas déçu. Le paysage est magnifique sur 360° degrés. Un bon plan pour les photos.

J'en profite également pour me désaltérer avant de redescendre en direction de Truschachen et retrouver le réseau des routes principales.

Flèche ensuite à gauche pour rejoindre Bärau, juste avant Langnau, et mettre la flèche à droite en entreprendre la grimpée sur Lüderenalp. J'ai déjà eu l'occasion deux fois de rejoindre Lüderenalp, mais dans l'autre sens.

Le début de la montée est plutôt roulante et facile, puis la déclivité augmente, la route se rétrécit et la montée devient également plus technique. Rien de trop difficile.

Juste avant l'hôtel trônant à Lüderenalp, je m'arrête pour profiter du paysage versant sud. Magnifique.

C'est l'heure des quatre-heures et de finir mon pique-nique.

La descente sur Wasen in Emmenthal serpente à travers la forêt. La route est relativement dégradée et pleines de petits travaux.

A partir de Wasen, il est temps d'entreprendre le trajet du retour. Il me reste quelques petites perles à découvrir ou redécouvrir en passant par de petites routes.

Il en est ainsi de Moosegg où j'en profite pour boire un café en terrasse ou de Zimmerwald.

Pas besoin de partir au bout du monde, pour avoir l'impression de partir à l'aventure et à la découverte de terres inexplorées, le réseau routier suisse offre bien des occasions d'être régulièrement et heureusement surpris.

Je rejoindrais ensuite Guin et l'autoroute jusqu'à Vaulruz avant de rentrer bien heureux à la maison. Entre-temps, la nuit sera tombée.

La galerie des photos de mon Roadbook 2020 :

https://lyonelk.smugmug.com/frame/slideshow?key=Zns24B&autoStart=1&captions=1&navigation=1&playButton=0&randomize=0&speed=3&transition=fade&transitionSpeed=2&clickable=1

tags : roadbook, roadtrip, moto, BMW, 1200GS Adventure, Suisse, Emmenthal

Steve Earle & The Dukes - Ghosts of West Virginia

Steve Earle & the Dukes (Jacob Blickenstaff)

Le 5 avril 2010, une explosion détruit la mine d’Upper Big Branch en Virginie-Occidentale, propriété du géant du charbon Massey Energy. 29 mineurs périssent dans la pire tragédie minière américaine de ces 40 dernières années. Alors que le CEO aurait dû passer le restant de ses jours derrière les barreaux pour avoir enfreint les règles de sécurité protégeant ses employés, il n’écope que d’une amende et de quelques mois de prison. Pire, il se lance en politique… Dix ans plus tard, qui se souvient des victimes ? Steve Earle ! Le pape de l’americana consacre même sa livraison 2020 à cette tragédie que les dramaturges Jessica Blank et Erik Jensen ont transformée en pièce, Coal Country. Le tandem lui avait demandé d’écrire des chansons pour leur spectacle, compositions qu’on retrouve ici agrémentées de quelques autres.

https://youtu.be/qrTBRbaJPU4

Militant anticapitaliste, Steve Earle reste ici militant tout en cherchant à se rendre utile et à faire changer d'avis les pro-Trumps, plus de 68 % des électeurs de Virginie-Occidentale.

“One of the dangers that we’re in is if people like me keep thinking that everyone who voted for Trump is a racist or an asshole, then we’re fucked, because it’s simply not true,” he says in a release. “So this is one move toward something that might take a generation to change. I wanted to do something where that dialogue could begin.” Source : https://www.rollingstone.com/music/music-country/steve-earle-new-album-ghosts-of-west-virginia-958755/

"Un des dangers qui nous guettent est que si des gens comme moi continuent à penser que tous ceux qui ont voté pour Trump sont des racistes ou des connards, alors nous sommes foutus, parce que ce n'est tout simplement pas vrai", dit-il dans un communiqué. "C'est donc un pas vers quelque chose qui pourrait prendre une génération à changer. Je voulais faire quelque chose où ce dialogue pourrait commencer".

https://youtu.be/njCtr_QQ5pQ

Musicalement, comme d'habitude, la voix est rugeuse à souhait. Elle vous saisit dès la première note sur "Heaven Ain't Goin' Nowhere" accompagnée seulement par les choeurs.

Dès le deuxième morceau "Union, God and Country" le violon, le banjo et la batterie vous projettent au milieu des champs. La poussière s'attache à vos basques et vous voilà entraînez dans la sarabande proposée par Steve Earle & The Duke. Earle peint une tranche idyllique de la vie rurale américaine "L'union, Dieu et le pays étaient tout ce qu'ils ont toujours connu / la Virginie Occidentale, dorée et bleue."

Au troisième morceau, vous voilà entre les griffes du diable "Devil Put the Coal in the Ground". Le ton se fait d'un coup plus grave. Vous descendez dans la mine et Steve Earle évoque la fierté des travailleurs lorsqu'ils y descendent.

Par la suite, avant le drame, une dose de mélancolie vous étreint. Non, décidément, le temps n'est jamais de votre côté ("Time is Never on Our Side"), puis le sang se met à couler ("It's About Blood") et Steve Earle égrène le nom des 29 victimes. Pour ne pas oublier :

Il s'agit des pères
Il s'agit de fils
Il s'agit de réveiller les amoureux
Au milieu de la nuit, seul
C'est une question de muscle
C'est une question d'os
Il s'agit d'une rivière plus épaisse que l'eau, et
C'est une question de sang

L'album se conclura avec "The Mine" qui parle d'un homme qui rassure futilement la femme qu'il aime en lui disant que leur vie est sur le point de changer, parce que son frère est sur le point de lui trouver un emploi à la mine...

A l'écoute du disque, la musique est grasse et les jingles de banjo de Earle sont « sont si agressifs qu'on a immédiatement l'impression d'être dans l'été indien dans les montagnes, et on a envie de boire une pinte bourbon.»(stéréoplay, juin 2020)

A consommer sans modération. L'Amérique dans ce qu'elle peut avoir de meilleur, grâce à Steve Earle & The Duke.

Steve Earle & The Dukes - Ghosts of West Virginia